20TH Century Boy Trilogie: Bande annonce
Certains attendent le prochain Indiana Jones, et il y a les autres.

Certains attendent le prochain Indiana Jones, et il y a les autres.
Lorsque les robots se cherchent des visages.
Si rien n’est encore confirmé, il semble que les éditions
Kana sortent, enfin, le nouveau chef d’œuvre de Naoki Urasawa dans le courant
de l’année prochaine. Pluto, c’est son nom, s’inspire d’une des plus célèbres
aventures d’Astro le petit Robot, dans laquelle le gentil héros affrontait un
alter ego puissant et sans corps. Dans cette relecture moderne, Astro n’est
plus le personnage principal mais une sorte de légende ondoyant en
arrière-plan, miracle d’une science touchant du bout du doigt l’humanité faite
machine. Encore une fois, les thèmes chers à Naoki Urasawa résonnent de toute leur
force, et pour ceux qui souhaitent en découvrir plus, le dossier que j’avais
écrit avec Romain Brethes pour Chronic'art est
encore disponible à cette page (puis cliquer sur téléchargement25urasawa.pdf).
Sinon, comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, voici
la seconde : en parallèle de l’édition de Pluto, les éditions Kana publieraient le Astro Boy original de Osamu Tezuka. Seul bémol, il semblerait pour le moment que ce ne
soit pas l’intégrale, mais une anthologie des meilleures aventures, apparemment
en cinq volumes.
Toutes ces informations sont bien sûr encore à prendre avec des pincettes, mais la rumeur enfle, ce qui est bien souvent un bon signe. Que voilà un programme excitant.
Histoire en 3 volumes, sens de lecture
japonais, Editions Cornélius, 14 Euros pièces.

C’est le récit d’une guerre, d’un ultimatum et d’une menace nucléaire ; un synopsis qui évoque immanquablement l’Histoire japonaise du
XXème siècle. Mais si, dans cette douce parabole de science fiction qui plante le décor sur la Lune, le prince Norman refuse la reddition – comme le fit l’empereur japonais Hiro-Hito en son temps-, en revanche le juvénile dirigeant a saisi ici toute la mesure de la menace. C’est pourquoi à l’orée du dernier volume la tension est à son comble. Et pour causes, les préparatifs de guerre ne sont pas achevés, les solutions pas encore trouvées, tandis que l’écrasante armée des lézards mugit aux portes du royaume lunaire.
Plus que par l’intrigue, trépidante et nimbée de renvois poétiques aux canons de la science fiction d’avant-guerre, ou plus encore que les résonances politiques et humanistes chers à l’auteur, c’est par la puissance de son traitement esthétique que Prince Norman se démarque. La digestion des références à Walt Disney y apparaît comme complètement achevée ; la réflexion sur l’équilibre entre épure et rigueur du trait poussée à son comble. En effet dans peu de temps, Osamu Tezuka repartira sur les sentiers de l’expérimentation, délaissant d’un coté l’esthétique naïve et raffinée de l’enfance pour la dramatisation par le détail des récits adultes, de l’autre l’obsession du trait pour celle de l’agencement de la page. Prince Norman fait donc partie de ses deux ou trois séries à marquer l’apogée d’une ligne, et d’une époque où le maître est secondé des meilleurs assistants.
Sur le terrain symbolique, Prince Norman éveillera l’intérêt du lecteur intrigué par l’Histoire, car y sont solidement ancrés la fascination et l’espoir qu’ont déclanché l’annonce, en 1960, par le président américain, de l’envoi prochain des premiers hommes sur la Lune. Accouché quelques mois avant l’évènement, Prince Norman partage les rêves des Quatre Fantastiques et du Surfeur d’argent. Emergeant à peu près à la même époque, bien que sur deux continents différents, ces héros répondent aux angoisses du Vietnam, de l’installation de la guerre froide et de la monté en puissance des tensions entre blocs. Durant cette ère où se réveillent les craintes d’une apocalypse nucléaire, le Japon et les Etats-Unis entrevoient, peut-être mieux que quiconque, la possibilité tragique de la bombe atomique ; ils en furent les premiers acteurs. Ce n’est -peut-être- alors pas un hasard si les bandes dessinées de ces deux peuples s’accrochent à la chimère d’un sursaut de l’humanité. (Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que la bande dessinée franco-belge ne défend aucun rêve dans son illustration de cet évènement. Tintin et sa fusée sont certes passionnants, mais témoignent peu des angoisses et des espoirs de cette époque).
Que de bonnes raisons d’essayer ce récit de science fiction d’une grande beauté.
Comme le magazine Chronicart n'en a pas voulu, et que sur leur site internet je ne sentais pas pas trop ce format, c'est pour le aaablog. Je profite de la sortie de l'Âme du Kyudo pour faire un portrait de Hiroshi Hirata. Après notre rencontre, à l'Hotel Mercure non loin de la librairie, j'ai vraiment eu la conviction que cet homme avait pour but d'offrir une autre vision de l'Histoire.
Hiroshi Hirata, c'est le
mangaka à l'ancienne. Le type qui n'entre pas en bande dessinée par passion,
mais parce qu'il faut bien ramener à souper sur la table et que cela paie mieux
que plombier (son premier métier). Inévitablement, ses débuts convainquent peu.
Ecrasé, comme tous les aspirants artistes de l’époque, par l'ombre portée
d'Osamu Tezuka, Hirata cachetonne dans de piètres contrefaçons de récits pour
enfants. Par bonheur, il renonce assez
vite au genre et se lance dans l'adulte. Un style unique se forge alors, nourri
d'un puissant trait de pinceau, guidé par un geste proche de celui de la
calligraphie. Un tracé tout en énergie, d'une perfection dans sa course que
seuls un apprentissage et de répétitions acharnées vont parfaire.
Cette rigueur, à rapprocher de celle que le
samouraï entretient avec son sabre, permet l'insensé : une imagerie
minutieuse et détaillée, pourtant ardue à obtenir avec un outil de cette
épaisseur et une exécution rapide. Cette esthétique, en plus d'attester d'une
expertise redoutable, participe à construire sa réputation. Il faut dire que sa
scénographie
complexe s’attarde, dans les moments de maniérisme les plus poussés, jusque sur
les brins de paille qui débordent d’une sandale. Quarante années se sont depuis écoulées et fortune n'est toujours pas
faites. Néanmoins, son nom rayonne parmi ceux des maîtres, il est devenu le
chantre du manga historique réaliste.
Cette distinction, cependant, il ne la doit pas qu’à
sa performance plastique. Les décors, tuniques et bâtiments sont évidemment mis
en valeur par leur exactitude historique, mais cette fidélité, en définitive,
beaucoup d'artistes la revendiquent. L’originalité remarquable chez Hirata est
à chercher dans le mot, dans le respect des codes sociaux et le discours sur
les mœurs de l’époque. Ses samouraïs, eux, ne flamboient pas. Ils endurent,
pathétiques. Chose très rare, Hirata brosse des castes de sauvages soumises à
l'autorité là où les confrères s'égarent encore dans la fantasme d'un Japon
médiéval romantique, habité de guerriers raffinés dont l'élégance n'a d'égale
que l'éthique ou la virtuosité.
Une vision critique
La reconnaissance du public vient véritablement de
cette approche peu commune, où l’Histoire sert une critique de l'exercice du
pouvoir, de l'oppression et de l'abus de ceux qui gouvernent, aujourd'hui
encore. Plus particulièrement, il dénonce l'incapacité de son peuple à remettre
en cause l’autorité, sa soumission passive devant l’étiquette et les systèmes
de caste. Son message est clair : rien n’est immuable. En fait, il
s'insère dans cette critique du système féodal mise en place par le célèbre
cinéaste Masaki Kobayashi, tout d’abord dans la trilogie La condition de
l’homme, puis surtout dans son Harakiri (seppuku en v.o), grand
prix du festival de Cannes en 1963, qui contait la révolte d’un samouraï puis
sa vengeance.
Lorsque vous évoquez
cette dernière œuvre à Hirata, il s’enflamme. Lui, qui ne répond jamais
ouvertement aux questions, qui refuse toute assimilation artistique au point de
ne citer que des manuels scolaires comme sources d’inspiration, explose au son
de nom Seppuku. « Je l’ai vu plein de fois, je l’ai adapté en
manga… ». De toute évidence, le chef d’œuvre du plus rebelle des cinéastes
japonais de l’après-guerre (et dont l’insoumission brûlera les ailes) a
spécialement marqué l’apprenti mangaka. Il lui a ouvert une voie et donné une âme. De manga en manga, l’ancien prolétaire, qui
s’excusait de la médiocrité de ses premiers dessins juste parce qu’il les
savait produits à l’aide de crayons et de papier de mauvaise qualité, creuse désormais
le sillon de la révolte. Et ses samouraïs, dépeints comme des guerriers
esclaves et maîtres à la fois, deviennent les rouages clés d’un échafaudage hiérarchiques
qu’ils peuvent abattre à tout instant. Dès lors, le geste héroïque n’est
plus celui qui consiste à trancher en deux un alter ego surentraîné et armé
jusqu’aux dents. Il devient le courage, pour ce gradé de haut rang, d’admettre sa
condition d’esclave et de se révolter. "Mais alors, cette chose que vous appelez
"Honneur du Samouraï" n'est finalement rien d'autre qu'une
façade!" dénonçait
le héros de Seppuku à un supérieur avant de le mettre en pièces lors
d’un combat final. Evidemment, at-on envie de répondre à la lecture des mangas d'Hirata.
Première partie d'une petite interview dans la suite, la fin sera postée avant la fin de la semaine.
Lire la suite "Hiroshi Hirata, le chantre du manga historique" »
Une bonne nouvelle pour les 174 personnes nous ayant demandé de les prévenir si jamais on récupérait les trois tomes d'Amer Béton, depuis longtemps indisponibles chez Tonkam : la fameuse et très bonne série de Taiyô Matsumoto va enfin être rééditée à l'occasion de la sortie de l'animé sur nos écrans (le 2 mai). Cette fois-ci l'histoire sera présentée en un seul volume cartonné, vendu 27,50€, à paraître le 25 avril. Où vont le monde de la bibliophilie et le métier de libraire d'ancien, s'ils rééditent à tour de bras, ces cochons ? Que ceux qui chercheront encore les éditions originales n'hésitent pas à se manifester.
Depuis l'Eprouvette de L'Association, le thème est revenu à la mode...
Voici une petite vidéo sympathique sur ce thème, désormais très à la mode. Plus comique que sérieuse, elle commence quand même sur un cas jugé au Japon, dans lequel le dessinateur de Slam Dunk fut accusé de plagiat. Je ne sais pas s'il a gagné ou perdu ce procès.
Sinon, parmi les bonnes nouvelles : A ceux qui s'intéressent à la case de bande dessinée la plus plagiée au monde, dixit l'excellent article de l'Eprouvette n°1, elle se trouve dans Epoxy, un fort joli album de Cuvelier et Van Hamme, à l'érotisme intelligent. Sachez qu'en ce moment, il ne vous en coutera que 5 euros l'exemplaire de l'ancienne édition (Lefrancq, 1997, la quatrième), avec son cahier supplémentaire, mieux imprimée et sans les horribles couleurs Photoshop ceci dit en passant, dans notre échoppe de la rue Serpente. Quantité limitée.
De la bande dessinée, de la science fiction, et la vie du quartier
Depuis l'ouverture de notre nouveau magasin, le blog s'est mis à la lettre d'information, promotions et autres publicités. Car il ne faut pas croire, mais ouvrir un truc pareil ça coute un fric fou. Là il faut qu'on rentabilise un minimum notre prose. Donc, la publicité fera desormais partie de la vie de cet espace. Mais bon, ce blog, à l'origine, se devait d'être aussi un lieu dans lequel les deux vendeurs se feraient rire l'un l'autre, s'échangeant leur coup de coeur et leur coup de gueule, tout en faisant profiter la communauté de tarés qui vient chercher des éditions originales dans leur grotte. Or rien de tout cela ne va changer.
Pour aujourd'hui, j'ai une magnifique collection d'illustrations de science fiction à vous proposer sur Flickr, un cadeau pour les fans de manga ero guro et de jolie fille à tatouage (J.B
ce lien est pour toi qui a cette si belle affiche collector punaisé comme un sagouin sur ton mur). Enfin, quelques photos de mon cru sur le dispositif 9M2, lancé à coté de AAAPOUM, au niveau de l'Hotel de ville, évènement auquel participaient Jacques Tardi et Cabu. Le livre estdéjà un futur collector.
Les ravages du manga dans le monde.
Ceux qui papotent avec moi à la librairie, entraînant par ce
simple geste une chute drastique du chiffre d'affaire de notre petite
entreprise, savent que j'aime bien le manga. Un des thèmes que j'ai me le plus,
c'est son influence culturelle, et les stratégies employées pour accentuer ce phénomène.
Dans la série des nouveaux acquis à la cause, je voulais juste en présenter
deux nouveaux. Je trouve que leur juxtaposition détonne. Alors dites moi ce que
vous en pensez.
Madonna, dans son clip Jump,
selon Wikipedia
s'inspirerait du costume de Mello, dans le manga Death Note. C'est vrai
que ça paraît très probant. Avant, les medias déclaraient que la chanteuse du
groupe No Doubt, la jolie Gwen Stefani, suivait le sillon creusé par la
déesse de la pop. Or maintenant on peut penser que les rôles s'inversent. En
effet, la petite Gwen était la première star américaine à s'être inspirée du cosplay
japonais dans son précédent album, notamment à travers ses costumes et son
titre Harajuku girl...you've got a wicked style.
Petite dedicace à nos cosplayeuses qui passent le samedi pour acheter du manga, vous detonnez les filles...
En seconde position, parmi les récents nouveaux acquis à la cause manga worldwide, les ptites n'enfants irakiens. Il faut dire que Captain Tsubasa en personne, le Olivier de Olive et Tom en français, est venu leur porter de l'eau. C'est bien connu que le Foot est très populaire dans les pays pauvres. Bon j'arrête là, trop de cynisme tue le cynisme, même pour moi.
Petite Minute PUB (désolé, on est sous contrat): nous avons en stock pas mal de manga J'ai lu épuisés Captain Tsubasa, pour ceux qui sont à leur recherche, ainsi que des Jojo's Bizarre adventures, des Rokudenashi blues...etcetc
Petites errances sur la toile et autres lectures inutiles
Par Stéphane
Je ne sais pas pour vous, mais le brouillard pesant de ce matin ne me motive pas trop. Et comme Vlad est parti en vacances pendant dix jours, il ne m'en faut pas plus pour me lever en me disant "oulala, aujourd'hui, je vais y aller molo" (N'en croyez rien patron, c'est de la blague! Juste un peu de strategie marketing pour séduire le chaland) .
Alors, si vous êtes dans ma situation, voila de quoi prendre du plaisir occulaire pendant au moins cinq à dix minutes. C'est un petit concours d'incrustation de personnages de dessins animés dans des toiles de grands maitres. Vous verrez, le résultat est vraiment amusant. Quant aux angophones qui s'intérressent au manga, voila un très bon article de C.N.N, daté d'hier, sur la place du manga dans la stategie culturelle japonaise à l'internationale. Toujours sur l'esthétique manga au Japon, le dernier Nicolas de Crecy, Le Journal d'un fantôme aux éditions Futuropolis, est un peu chiant mais très beau et pârfois intérressant. Je vous met dans la suite l'ébauche de critique que j'en ai faite, et qui finira peut être dans la section bande dessinée de Chronicart si j'arrive à la terminer (simplifier diraient mes amis).
Lire la suite "De quoi se détourner dix minutes du travail en ce lundi difficile." »
Et en plus ça roule...
par Vlad, publi-"reporteur"
La boutique a fait l'acquisition d'un magnifique présentoir à mangas sur roulettes d'une couleur attrayante, en harmonie avec la devanture de notre voisin. C'est magnifique. Seulement voilà, c'est bien beau la visibilité de nos produits, des "mangas à prix cassé, à prix discount, super pas chers", mais même à moitié prix (3,50 €, les 5 pour 15 €), les bouquins pèsent le même poids, et vu l'état de la marche pentue, sortir et rentrer le meuble, une fois plein, relève du travail herculéen. Alors moi, Vlad, qui ne suit pas aussi musclé que Stéphane, j'offrirai un manga du présentoir (ou je peux consentir une remise de 10 % sur un autre produit...) à tout client précautionneux qui se montrera volontaire à l'ouverture ou à la fermeture du magasin, pour m'assister dans cette tâche .
notule spécialement dédicacée à J. D., un gars précautionneux.
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