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Bédésphère

Les amis d'AAAPOUM

29 janvier 2008

Fin d'Angoulême

Par Stéphane

De retour d’Angoulême, en meilleur forme, bien qu’avec une petite allergie à l’œil (toujours la même) et un trousseau de clés en moins... Le compte-rendu de mon boss à Chronic’art est sympathique et retranscrit bien l’ambiance en marge, calme niveau alcool et animé niveau débat. Sur la première page se trouve aussi la chronique du grand prix de l’année, que j’avais faite au moment de sa sortie, il y a presque un an déjà. Me relire, ce que je fais peu, est amusant. J’y reconnais l’exact sentiment éprouvé à l’époque, en demi-teinte. Un moment d’autant plus marrant qu’un copain me reprochait justement d’en avoir dit beaucoup de bien voire d’avoir adoré, ce dont je m’étais défendu. Il est plaisant de constater que, pour une fois, je n’ai pas changé d’avis, moi à qui cela arrive si souvent.

Sinon, Angoulême fut pour moi sept débats, plus ou moins réussis.  Grand moment avec Linda Medley. Rigolo et super instructif avec Boulet et Trondheim sur les Blog. Au cœur du débat imprévu et plutôt houleux qui opposa Guy Delisle (Chroniques Birmanes) à Fredéric Debommy (Birmanie) , autour de l’idée de témoignage (José Munoz quitta la salle lorsqu’il  vit le dialogue se tendre vers la nervosité). En décalage complet avec les gars de L’Association qui, bien qu'appuyant leurs concept sur des références artistiques lorsqu'il sont à l'écrit (Eprouvette), se posent finalement bien moins de questions à l'oral, et se construisent étonnamment plus avec l'instinct et le ventre qu’avec la tête (note suite à des incompréhensions : l'instinct vaut largement l'intellect. Mon déplaisir venant de ma préparation tombant à coté de la plaque...) Stressé face à Charles Burns (Heureusement que Ludovic Debeurme est bien plus zen). Il te fait comprendre en semi colère qu’il ne dira rien, avec de dire les choses à contre-cœur (Genre moi : Dans vos livres, les personnages qui éprouvent du désir se sentent monstrueux. Pensez-vous que le désir est anormal ? Lui : Bien sûr que non, je ne suis pas un monstre. RE moi : Parlez moi alors de votre immense fascination pour Tintin (son prochain projet parlera de Hergé), c’est quand même étrange cette fascination pour un personnage qui n’éprouve jamais de désir. Lui rictus : ah ! Puis parle longuement de ce fameux projet.). Bref, du travail sympa, parfois délicat, parfois raté, mais toujours enrichissant. Pour en apprendre plus, faudra venir papoter dans le magasin, puis m’offrir un café chaud, car écrire c’est long et fatiguant... à bientôt de visu, bien que d'un oeil.

04 décembre 2007

Le nouvelle cueillette Angoumoisine

Qui veut ma selection, qui veut...

Ouf, elle est plutôt bonne, équilibré et éclectique. C'est, depuis trois ans, un bon boulot qui est fait selon moi. Seul bémol, mais à prévoir depuis le départ du spécialiste de l'équipe, Olivier Jalabert, aucun des chefs d'oeuvre du comic mainstream sortis cette année n'y est présenté. Pas parfait donc, mais c’est déjà tellement mieux que les prix France mes fesses j'y connais rien, le prix de l'association des critiques de bande dessinée dont on se demande bien où est leur sens critique, etcetera.

Que ceux qui le veulent laissent leur palmarès en commentaire. Le premier qui trouve le bon palmarès gagne 20 euros de bon d’achats dans les librairies aaapoum, juste pour le fun. Nous mettrons les notre dans la suite dès que nous y aurons réfléchi.

20 octobre 2007

De l’autobiographie en Bd à la peoplelifiction des auteurs

Sfar system

Le commencement fut approximatif, usant de l’acide distance de la représentation animalière, Lewis Trondheim évoque des fragments de sa vie, dessinateur évoluant parmi ses semblables, mis en scène avec talent et humour. Hormis la Crumb_2valeur de l’œuvre, cela ne prêta en apparence que peu à conséquence. L’autobiographie en bandes dessinées au sein de l’Hexagone connaissait de nouveaux explorateurs, après les premières expéditions menées par Binet, « l’Institution », ou Gimenez, « Paracuellos », dans les méandres incertains des années 80. Il s’agissait à présent de creuser le quotidien, avec un outil peu utilisé dans nos contrées, encore que déjà patiné outre atlantique. Certains le nomme Art Séquentiel (ouais j’viens de relire l’intello binoclard Scott Mc Cloud, ça se voit ?).

Liste non exhaustive en vrac de ces voyageurs de l’intime immobile : Jean Christophe Menu, Fabrice Neaud, Marjane Satrapi, Frédéric Boilet, Joan Sfar, Riad Sattouf, Guy Delisle, David B. Souvenirs d’enfances, mise en abyme de la pratique du dessin ou interrogation des affres du créateur, une peinture précise de la normalité du jour après jour, tirant de son expérience personnelle, singulière, le multiple parlant au plus grand nombre, à chacun de nous. 

A priori, là se trouve l’intérêt de ce genre fictionnel. Si on veut savoir avec qui le yorkshire de Madonna a chopé la myxomatose (Elton John ? Possible…) on ouvre « Poils de cul images des blondes », pas le dernier Crumb. 

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13 octobre 2007

Les jaunes se ressemblent tous…

Et leurs bandes dessinées aussi.

Par Stéphane

Buck Aujourd’hui, je peste. Et méchamment. En surfant ce matin, je tombe sur la critique de Femmes de réconfort. Je suis un poil agacé comme à chaque fois que je vois un ouvrage coréen classé dans le rayon de la bande dessinée japonaise. Mais bon, le livre m’avait intéressé et par curiosité, je me décide à lire ce qu’en pense mon confrère. Je ne dépasserai pas le sixième mot. Je suis arrêté, outré par la définition donnée à Manwha… (manga coréen).
Je suis non seulement outré par cette définition typique du mépris –inconscient- de l’occidental moyen noyé dans son héritage colonial, mais plus encore parce que cette chronique est signée de Didier Pasamonik, un homme relativement, et même logiquement vu son terrain de prédilection, sensible aux problèmes d’identité culturelle. Comment un homme qui dédie la plupart de son temps critique à la reconnaissance de la culture juive dans le neuvième art, quelqu’un qui nous pondrait un papier sanglant sur son site si un crétin venait à classer Farid Boudjellal parmi les auteurs juifs, peut à son tour manquer d'autant d’intérêt, ou même de considération, pour d’autres cultures ? 

Le « manga coréen », concrètement, ça n’existe pas, bien que l’on puisse deviner trois approches possibles pour comprendre la logique qui sous-tend cette -tentative de- définition. 

1) la dialectique : Ca pourrait dire, si l’on se réfère aux définitions officielles, une bande dessinée japonaise écrite en Corée. Ce qui est bien évidemment faux, et même vulgaire dans ce cas précis, puisque Femmes de Réconfort est le témoignage de Coréennes prostituées par les japonais durant la guerre. Plus mauvais timing pour un tel amalgame ne saurait être choisi. 

2) la colonialiste : en gros, les jaunes… vous connaissez le reste 

3) La complaisante : les lecteurs de bande dessinée, ils sont sympathiques bien qu'un peu cons. Il faut les aider un peu car rien n'est moins sûr qu’ils sachent où placer la Corée sur un planisphère.

Alors, Didier, pourquoi manga Coréen… ? Un certain mal à se défaire du charme discret des vieux Buck Danny ou tout simplement la conscience d’un affaissement du niveau intellectuel du bédéphage moyenne classe ? 

Et pourquoi pas bande dessinée coréenne ? Personnellement je ne dis jamais que je vais voir un movies Hollywoodien, ni même un le dernier 映画 de Kurosawa. Il ne me viendrait jamais à l’esprit de dire que je vais lire un Shishosetsu de Tanizaki de même que je n’évoque pas l’œuvre d’Hemingway en terme de novel. L’’import systématique des vocables étrangers est une bêtise propre et uniquement propre à la bande dessinée, qu’on se le dise, et qu'on arrête

24 février 2007

Les alliés objectifs de la librairie

par Vlad

Malgré les plans numériques de la croissance des débits et l'ébauche du e-livre, notre métier à encore de beaux jours devant lui. Les beaux livres et les bandes dessinées seront sans doute les derniers bastions à succomber. Et l'avantage par rapport à un support aisément multipliable, c'est que pour avoir une œuvre en deux exemplaires, il faut la racheter.
Ce préambule étant établi, nous allons passer en revue quelques uns des facteurs qui peuvent pousser les amateurs de bédés à acheter plusieurs fois le même livre dans le cours de leur existence.

Strange01couv1) Les mères et leur soif de rangement.
La mienne n'aurait jamais fait ça, mais apparemment les mères des autres le font couramment. De nombreux clients viennent en effet nous trouver pour nous dire qu'ils recherchent telle ou telle collection de leur enfance que leurs mères aurait "balancée" ! Quand on leur présente la collection convoitée (peut être  précisément la même, sait-on jamais...) à son prix actuel, on décèle un pli mauvais dans le coin de la bouche de l'acquéreur et on peut deviner la noire rancœur revancharde à l'encontre de sa génitrice. Quand cette dernière est encore vivante on peut aisément conjecturer que le rejeton va se faire un plaisir d'aller lui présenter le ticket de caisse : " Regarde un peu le prix de ce que tu as jeté !".
Les rejetons oublient généralement de se rappeler que lorsqu'ils ont quité la cellule familialle, la fameuse collection de Strange leur paraissait tout autant insignifiante et encombrante qu'à leurs parents, sinon, il l'aurait emportée et non pas stockée à la cave de ces derniers pour dix ans.

2) L'inconstance des relations amoureuses.
Lorsque l'on aime, on ne compte pas, on partage tout. Les passions de l'un rejaillissent parfois sur l'autre, dans un grand souci de communion. A l'heure de la rupture il faut alors partager la bibliothèque... Douleur. On s'aperçoit parfois que les livres de l'ancien conjoint finissent par nous manquer plus que ce dernier...  Parfois, l'autre, révélant toute sa mesquinerie est parti avec vos propres livres (mes copines n'auraient jamais fait ça). Il faut alors les "racheter". Vive les ruptures.

3) Les inondations.
Ah... l'humidité des caves et la fonte des neiges sont de précieux alliés du libraire. Toutes ces collections précieusement stockées à la campagne en zone inondable, réduites en l'espace de quelques jours à une bouillasse multicolore et malodorante ! Attention : cet allié peut se retouner contre le libraire : à Aaapoum, par exemple, dont une partie de la réserve se trouve à la cave, nous redoutons la prochaine "crue du siècle" de la Seine, qui ne devrait pas tarder...

Je sens qu'il à matière à compléter cet aperçu. Au prochain épisode donc.

11 octobre 2006

Lectures d'octobre

Quelques petits potins ramenés de mes errances numériques

Par Stéphane

PLAGIAT : Tout d'abord, la dénonciation de plagiat est à la mode en France depuis la sortie du dernier Eprouvette (tiens d'ailleurs, certains articles sur le plagiat était repris du comics journal non?). Cornelius l'éditeur en a abordé quelques uns sur son blog, ( Un dossier sur Daniel Clowes auquel j'ai collaboré -aaaaaahhh que c'est bon pour l'ego- et une bande dessinée par Blanquet). Mais tout ça c'est un peu du n'importe quoi. Le problème est de distinguer la ligne qui sépare le plagiat de l'inspiration. Et moi, je n'y arrive pas clairement. J'ai l'impression que tout le monde plagie un jour ou l'autre quelqu'un, comme pour se  nourrir. Je dirais même qu'un homme qui n' a pas plagié est juste un homme qui ne s'est pas fait prendre. Encore une preuve, Bob Kane, oui oui, Bob Kane le créateur de Batman était lui-même un plagieur éhonté. La demonstration en image, 1, 2, 3, 4. Regardez en bas du lien numéro un pour d'autres exemples de plagiat (ou taper swipe swiper swiping sous Google).

Mise à jour du 12/10:
1- Les "influences" de Roy Lichtenstein, artiste plagiaire ou intertextuel, c'est selon.
2- Grâce au site animenews, j'apprends ce matin que plagiat en japonais se dit pakuri , au moment même ou une accusation de pakuri tombe à l'encontre de la série D Gray Man,
ici et (lui est à droite), commencée d'ailleurs ce mois ci chez l'éditeur Glénat.

IMMIGRATION: juste une petite bande de quatre pages en ligne, en anglais malheureusement, sur le thème de l'immigration aux U.S.A, déssinée par Peter Bagge, artiste dont le En route pour Seattle vient d'être édité cette année chez Rackam.

APPRENDRE A DESSINER LES VISAGES : grâce à Scott Mc Cloud, encore une fois, et cette géniale avant-première de son prochain livre technique sur la bande dessinée.

Au fait, je remercie encore une fois Boing Boing, sinon ce billet serait du plagiat.

Nos Clients sont des futures Stars

"Mon succès est assuré, quoique encore dans l'avenir" écrivit selon la légende De Nerval à son père dans sa lettre de suicide.


Par Stéphane

Voici la bande annonce d'un documentaire à venir sur le geek. Mais qu'est ce qu'un geek me direz-vous? et bien, tout d'abord, le geek n'est pas un nerd. Le geek est quelque chose d'imprécis mais de l'ordre du fan compulsif, du  collectionneur fou, de l'être un peu trop replié dans son propre univers parallèle. Ce n'est donc pas un hasard si certains de nos clients apparaissent dans la bande annonce (et encore, je suis pas sûr d'avoir reconnu tout le monde). En tous cas pour en savoir plus, regardez la bande annonce ou rendez-vous sur le wikipedia ou sur le blog du geek où j'ai trouvé la video.

17 septembre 2006

Comment les éditeurs et les marchands de cartons nous ont niqué

Je suis nul en maths mais j'ai la rage
par Vlad

Dscn2440_2 Relisant hier deux albums que j'aime, mon cerveau a commencé à bouillir quand je les ai retournés et que j'ai regardé les "vieilles" étiquettes des prix. Il faut dire que ces albums sont très bons. En plus ils sont édités par la même maison, sont parus à un an d'intervalle et en plus ils ont les mêmes auteurs, ils vont donc être parfaits pour servir d'exemple étalon dans ma démonstration.
Il s'agit du diptyque de Pourquié et Pécherot formé par Des méduses plein la tête (un des meilleurs albums de tous les temps) et son remake Ciao Pékin. Je vous recommande au passage ces deux bijoux, ce qui n'est pas le cas de la troisième collaboration des deux auteurs, Vague à lame, tellement ratée qu'on dirait du Chauzy-Jonquet.
Des méduses plein la tête est sorti en février 2000 et valait 59 francs. Ciao Pékin est sorti en mai 2001 et valait 88 francs. Déjà vous voyez où je veux en venir... Attendez,  je développe dans la suite : c'est après que ça devient meilleur...

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09 septembre 2006

Béatitude crispante.

Rogne deux centimètres du cadre d’un des plus obscurs nanars du cinéma et tu récoltes toutes les ligues de défense au cul. Remonte totalement l’un des chefs d’œuvre de la bande dessinée et personne ne dira rien.

Par Stéphane

CortocacaVoila le dilemme. Depuis trois mois, Corto Maltese s’est vu offrir une édition de poche pas chère, et tout le monde –entendez les journalistes bd, les spécialistes- crie au miracle. Sauf que personne ne dit que les livres sont, mais alors très différents de leur version en grand format. Deux solutions :

Soit 1- Personne ne l’a remarqué, ce qui semble le plus probable vu la tonne de mails interloqués que j’ai reçu de la part des quelques journalistes BD –vous l’ai-je dis des grands spécialistes, et engagés en plus- en réponse à mes questions internet sur ce sujet.

Soit 2 – Soit c’est une vieille version fumetti acceptée par Pratt lui-même de son vivant, à l’époque où il est probable qu’il fut distribué en Kiosque. Et ces spécialistes le savent, mais ne disent rien.

Moi je suis trop jeune, et je ne le sais pas. Mais j’ai comme qui dirait de gros doutes. Depuis trois mois, traîne une critique très en colère contre cette initiative, je ne la publie pas dans l’attente de savoir si c’est un remontage moderne tel qu’il s’est odieusement pratiqué à l’époque de la collection J’ai lu en BD (appartenant au groupe Flammarion où crèche les éditions Casterman d’ailleurs).  Je mets des scans qui distingent les deux versions dans la journée, repassez donc.

Une bande dessinée d’une valeur de 15 euros au choix est offerte à celui qui peut m’apporter la réponse. Puisque les professionnels ne répondent pas, faisons appel aux fans.

22 août 2006

TSUNAMI

Ce qui compte, c'est la quantité, pas la qualité

Par Stéphane

Aujourd'hui, c'est pas moins de 140 mangas qui arrivent en rayon pour fêter la fin des vacances, et pas loin d'une cinquantaine de bandes dessinées diverses et variées — de quoi lire pour un an. Un office (terme de professionel pour dire livraison) si lourd que l'organisation capote : les camions sont à la bourre et les livraisons retardées dans un bon nombre de librairies à demain voire jeudi  (jour où se déverseront d'ailleurs de nouvelles avalanches de bande dessinée sur les étals). Et vous qu'allez-vous lire devant un tel éventail de choix. Rendez-vous demain ou jeudi pour faire le tri.