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Bédésphère

Les amis d'AAAPOUM

13 avril 2008

La bibliothèque : meuble ou monument ?

Tempête sur les étagères

Biblio_3Dans la colonne de gauche de ce blog il y a un intitulé dans les "catégories" qui me dérange de plus en plus. "La bibliothèque idéale". Le principe est séduisant. Choisir les meilleurs  livres comme on choisit les meilleurs matériaux pour se bâtir soi-même une maison. Réfléchir posément, soupeser, établir des critères et finalement élire. La formule est fréquemment agitée par la presse culturelle à l'aide de numéros spéciaux "les 100 meilleurs titres", dont le public semble friand (moi le premier). Or figer une liste d'œuvre pour dresser "La bibliothèque idéale" m'apparaît de plus en plus comme idiot. Ce n'est pas la subjectivité du choix qui me dérange, je ne vais pas, moi qui suis si souvent de parti-pris, faire le procès de "ceux qui osent prétendre détenir le savoir" et autres piètres sentences causées par un avis divergent qui avance masqué. Non, ce qui m'embête c'est l'aspect définitif, gravé dans le marbre. LA BIBLIOTHÈQUE IDÉALE... ça en impose. Sémantiquement, ça tape dur... Savoir, philosophie, modèle, lignes orthogonales, respect et plumeau à poussière. Je m'imagine bien, dans ma "bibliothèque idéale", marchant d'un pas empreint d'une lenteur sage, la pipe au bec, admirant d'un air satisfait les belles tranches de mes livres si idéaux, choisis avec tant de soin, selon des critères si délicats. Je la montre à mes amis, regardez comme ma bibliothèque est idéale. Vous avez vu comme mes choix sont sûrs, comme mes goûts sont de bon goût ?

PourtantMouscaille2

- les goûts évoluent. Ce qui hier nous apparaîssait comme  indispensable se révèle à la relecture sous une aspect moins exaltant. A certains moments de notre existence des œuvres semblent rencontrer nos propres préoccupations et  à d'autres elles n'ont plus que l'aspect rêche d'une boite vidée de ses œufs...

- il arrive que l'on fasse des découvertes. On se rend compte alors que telle qualité d'un livre prend sa source dans un livre antérieur que notre ignorance nous avait caché. L'idéal se dissout alors comme le cachet effervescent plongé en milieu liquide.

- parfois c'est le contraire, un ouvrage qui nous avait paru assommant profite d'une seconde lecture pour laisser entrevoir la subtilité de ses charmes. Ce cas de figure est moins fréquent, car on a rarement l'envie de relire ce qui nous a été pénible. Cela arrive pourtant, notamment quand l'influence d'une tierce personne se fait insistante.

Des exemples !

Il y a dix-douze ans je ne jurai que par Baudouin. Son Eloge de la poussière avait la valeur d'un manifeste. Je me prélassais à l'ombre de Passe le temps... Récemment, j'ai relu plusieurs de ces beaux albums minéraux. Ils étaient non pas vides, mais leur densité s'était faite pesante. Ils me faisaient moins d'effet, comme les disques qu'on a trop écoutés.

Les trois premiers Prométhéa m'avaient soufflé. Alan Moore m'impressionnait toujours. Quel ambitieux projet ! Quelle maîtrise ! Quels beaux rouages. A la sortie du quatrième j'ai tout relu. Quel ennui ! Quel étalage de connaissances recopiées ! Que de confiture sur un petit bout de pain... Et surtout quelle froideur, quel manque d'émotions...

Continuons sur Moore... pour aller à contresens de la pignolade généralisée. V pour Vendetta. Lu une première fois il y a plus de quinze ans, je retardais le moment de m'y replonger. L'annonce de la sortie d'un film me décida. Dans un premier temps je n'osais pas regarder ma déception dans les yeux... Ce n'était plus le même livre. De subtil il était devenu primitif.

A l'inverse, le Cycle de Cyann m'était tombé des mains au bout de quelques pages... L'année passée, je m'y remets : quel plaisir !

Bref, la bibliothèque idéale c'est une bibliothèque confite dans ses convictions inébranlables, figée dans le vernis. C'est une bibliothèque morte destinée à la décoration. C'est une stèle funéraire. La culture transformée en bibelot.

Jouons

Néanmoins une initiative récente des animateurs du site BD Gest m'a agréablement amusée... Chaque visiteur s'est vu offrir la possibilité de choisir ses 100 séries favorites et ses 100 albums favoris, tous étant regroupés sous la bannière "Indispensables". Ce mot peut toujours être discuté, mais le fait est que d'un simple clic sur un logo en forme de cœur un album sort de l'ombre. Un nouveau clic il y replonge. Un jeu amusant auquel je vous convie ! Outre le fait qu'il incarne bien l'inconstance de nos goûts il permet de passer en revue sa bibliothèque et de se livrer à de grandes considérations. Je n'ai pas fini, mais c'est excitant, comme de sortir tous ses jouets avant de ranger sa chambre.

La bibliothèque photographiée est celle de Nicolas Fouquet, au château de Vaux le Vicomte. Le dessin est de Crumb. C'est un détail de la couverture de Cornélius ou l'art de la mouscaille et du pinaillage, éditions Cornélius, Paris, 2007.

26 mai 2007

Si Superman existait...

... il viendrait botter les fesses de notre fraichement émoulu président.

où l'on apprend sur le blog de Steph lastere (qui ne met que deux A sur trois à notre nom...le vilain) que N.S, notre illustre V.I.P à l'international, puise ses tirades les plus fulgurantes dans des bandes dessinées atlantistes (on dit aussi comic). A lire, c'est très très drole... d'ailleurs, pour ceux que ça intéresse, on en vend et c'est une très bonne lecture.
Sans_titre1_2

25 février 2007

L'ADAPTATION est-elle vraiment une bonne chose ?

Mais quel est l’infâme qui a un jour déclaré : « la curiosité est un vilain défaut » ?

Par Stéphane

Sa force de persuasion devait être particulièrement développée pour réussir à enterrer si profondément cette abominable maxime dans l'âme humaine. La curiosité est l’une des qualités les plus fondamentales de l’homme, au contraire ; la source de l’ouverture. Voila pourquoi il faut débattre de l’actuelle mode de l’adaptation, emblème d’une tendance artistique profitant surtout de la fainéantise intellectuelle pour faire son beurre industriel.

T_11344En fait, je ne suis pas non plus complètement bouché sur l’exercice de l’adaptation/ transposition. En bande dessinée par exemple,  j’ai beaucoup aimé, récemment, L’Âge de Bronze chez Akileos (je mets le lien dès que ma chronique sera en ligne) et L’Homme qui s’évada chez Actes Sud (chez qui en revanché j’ai détesté Le Maître et Marguerite). C’est juste que, si l’exercice peut engager une réflexion intéressante sur des œuvres -les moderniser, les détourner, les enrichir, comme un metteur en scène peut renouveler une pièce de théâtre à travers les siècles en lui offrant de nouveaux échos- peu d’artistes s’y adonnent correctement. L’adaptation, telle qu’on l’entend désormais, est loin de manifester une telle démarche. Elle n’est le plus souvent qu’une marotte de producteurs et d’éditeurs avides de renouveler leur stock d’intrigues à peu de frais et, excuse plus contemporaine, de surfer sur une œuvre en vogue en facilitant son accès aux personnes moins ouvertes à sa forme de publication originale.

Si tu n’aimes pas lire, va voir le film. Moi, ce genre de remarque m’emmerde, surtout dans un domaine tel que celui de la bande dessinée, quand même le plus souvent méprisé à cause de l’absence de curiosité des gens. Voir le film est loin d’équivaloir à lire le livre d’origine, c’est un mensonge destiné à rassurer le spectateur dans sa fainéantise, à détruire chez lui tout désir d’effort et de développement de sa curiosité. N’importe qui peut en témoigner, dans la plupart de ces « adaptations », mêmes les rognures d’ongles des œuvres originales ont disparu dans cette lamentable supercherie de création artistique. Alors pour ce qui est de l’essence ou de l’âme.

Si l'on y réfléchit bien, l'adaptation artistique est la castration, le meurtre, de l'instinct d'adaptation de l'Homme. Darwin, s'il vivait aujourd'hui, serait sûrement encore plus inquiet que moi.

MobydickMais voila où je voulais en venir. Prochainement, la bande dessinée, garde-manger désormais pillé par Hollywood, va aussi accéllerer la petite mode de l’adaptation littéraire (voir ici pour les exemples récents, j'ai entendu le même son de cloche chez Delcourt). Pour ce media en mal de reconnaissance, c’est le remède capable de convaincre les élites réfractaires de son potentiel intellectuel. Encore un problème d’ego à nourrir. Et c’est pas la première fois, même les grands du 9eme s’y sont prostitués. Je pense à Will Eisner et à sa collection nullissime de Moby Dick, Don Quichotte et consort. Des ouvrages inintéressants au possible qui ne trompent personne (chez Aaapoum, Moby Dick est invendable à 5 euros tandis qu’on arrive pas à tenir le moindre Spirit à 45 euros, c’est dire). Alors, 2007, Si le record de bandes dessinées parues explose pour arriver à 4500 ou 5000 livres, vous pouvez déjà écarter de vos choix la ribambelle des adaptations qu’on va essayer de vous refourguer. Et oui, les cocos, mieux vaut lire un roman par dizaine d’année que de perdre son temps à lire une seule de ces adaptations. Si c’est pas du travail de sélection de libraire, ça, je sais pas ce que sais.

08 septembre 2006

La bande dessinée entre au musée

"N'importe quel imbécile peut peindre un tableau, Mais il faut être malin pour le vendre"  dixit le satirique Samuel Butler

Par Stéphane

Juillard_1Je reviens d’un séjour à Cherbourg où se déroulait l’exposition La boite à dessins, rétrospective de la carrière d’André Juillard organisé par le Musée des Beaux-arts de la ville. Pourquoi parler de ça ? Simplement car, si le travail de Juillard me laisse d’une manière générale froid (quoique admiratif de sa technique), l’exposition est sublime, malgré de faibles moyens (40.000 euros), et j’y ai appris plusieurs choses qui laissent à réfléchir.

1° : Une exposition comme celle-ci, ou celles d’avant dédiées à Bilal puis Schuiten, est dure à monter. Bien que la région soit à l’origine d’une telle démarche, l’Etat s’investit peu, il préfère l’art contemporain.

2° : Hors une exposition autour de la bande dessinée attire quatre fois plus de visiteurs qu’une exposition de Beaux-arts traditionnelle. 10 à 12 milles visiteurs sont attendus pour celle-ci, et à chaque nouvelle tentative le score augmente.

3° : Ces expositions sont d’autant plus intéressantes qu’elles attirent un public qui ne met d’ordinaire jamais les pieds dans un musée, et profite de l’occasion pour parcourir l’exposition permanente, découvre Chardin et Millet (autre découverte, Cherbourg possède la seconde plus grande collection de Millet au monde). La bande dessinée, selon ces expériences et confirmé par la conservatrice, la géniale Emilie Perrier, est le parfait appât pour initier les plus réfractaires à la culture des beaux arts.

Bref, autant je suis contre l’introduction d’UFR bande dessinée dans les universités, lieux que je considère valable uniquement dans le cadre d’un developpement de savoir à vocation profesionnelle, autant des expositions temporaires -voire permanentes- de bande dessinée dans le milieu des beaux arts, me semble être une initiative des plus enthousiasmantes.

PS: Le musée devrait très prochainement annoncer une exposition autour de Guillaume Sorel. Et il se pourrait que des tableaux d'Arnold Böcklin, comme ceux d'autres artistes à l'origine de ses inspirations, viennent enrichir le dispositif. Ce serait une première, une exposition, dans un musée d'Etat, confrontant artiste de bande dessinée et artiste de Beaux-arts.

24 août 2006

Le Christ parlait dans des bulles

Rangez vos vieilles encyclopedies de la bande dessinée écrites par des croutons incultes. La vraie info est free et online.

StrigelDésolé, seuls les anglophones seront totalement comblés, mais pour les autres les images valent vraiment le coup d'oeil. C'est l'histoire de la bulle, du phylactère si vous préférez, dans l'iconographie. C'est fou. D'ailleurs, n'hesitez pas à faire un tour plus général sur ce site très riche.

18 juillet 2006

XXTH Century Boy

Comme beaucoup de manga, XXth century boy fait référence à de nombreuses clés de l’histoire japonaise. Pour les français, il est très dur d’en comprendre le sens et la portée. Un petit décryptage s’imposait pour mieux cerner le vrai sujet de XX Century Boy. Alors que la série vient de se finir au Japon après 22 volumes

Par Stéphane

Xxth

PORTRAIT : Naoki Urasawa est, avec Shuho Sato et Takéhiko Inoue (clin d’œil dans le volume 7), l’un des rares auteurs de manga de divertissement à mêler discours politique et philosophie humaniste, plutôt de gauche selon nos grilles de lecture française (si vous le désirez, télécharger le jolie petit abécédaire sur Urasawa publié dans le Chronicart de mai, coécrit par R. Brethes et moi, attention, il fait plus de 5mo).

Téléchargement 25Urasawa.pdf

 

THEME: XXth Century Boy parle, derrière son habit de polar, principalement du problème des Otaku (un phénomène de société japonais dont on discute beaucoup dans les médias de l’archipel, et dont le manga aime à parler par affinité). Le récit oppose de manière métaphorique les enfants devenus des otakus (la secte d’ami) à ceux qui ont su résister à ce mouvement de destruction social massif (la bande à Kenji). Le parcours de Kenji et ses amis sera d’apprendre à exploiter cette culture pour sauver le monde et fédérer l’homme, non l’isoler et le détruire comme le fait Ami.

 

Tour_1 1970 : Année clé de l’histoire japonaise, c’est l’univers dans lequel baigne l’enfant Kenji et ses amis dans les flash-back. Comme tous les dix ans depuis 1950, le Japon signe à nouveau dans la contestation populaire son accord avec les Etats-Unis d’amérique. Le peuple se soulève en partie, les universités font grèves, Kenji écrit le cahier des prédictions, l’incident nocturne dans l’école, qui provoquera bientôt la naissance d’Ami, a lieu. Mais surtout, c’est l’année de la première exposition universelle d’Asie ; Expo’70 (lien différent) sera ainsi pour une génération d’enfant le signal d’un futur différent, et reste à jamais le premier emblème de la culture Otaku à venir (la première génération d’otaku serait née dans les années 60 et se reconnaît à la visite de l’expo’70 enfant et à la découverte de La Tour du soleil (photo ci-contre)).

Taro_1

 

Tarō Okamoto : «Art is explosion» déclamait dans les années 80 le célébrissime artiste japonais Tarō Okamoto (1911-1996) dans une publicité télévisée pour les vidéocassettes Hitachi Maxwell. A l’époque, ce slogan fit de lui, du jour au lendemain, un emblème culturel majeur dans tout l’archipel. Pourtant, son travail créatif bénéficiait déjà d’une très forte reconnaissance grâce à La Tour du soleil, ce monument réalisé à l’occasion de la première exposition universelle d’Asie en 1970 à Osaka. Cette phrase, aux résonances profondes, met en avant le fait que la reconstruction d’une identité japonaise, après la défaite de la seconde Guerre Mondiale, est passée pour beaucoup par la création d’arts nouveaux. Le manga, et les cultures avoisinantes du dessin animé, jeu vidéo et quelques autres apparentées au monde de l’otaku, sont reconnues comme étant les formes les plus vives de cette manifestation. C’est pourquoi elles occupent une place centrale dans l’histoire du Japon moderne. Nombreux sont ceux qui pensent au pays du soleil levant que le manga est la première des conséquences de la défaite du Japon, de la domination américaine qui s’ensuivit, mais plus encore sont ceux qui voient dans le manga l’unique remède pour un pays et un peuple essayant de guérir du cauchemar insondable du bombardement atomique. Tarō Okamoto, en tant qu'emblême de la culture otaku, est ainsi au coeur de XXth Century Boy, que cela soit par le présence dans le récit de L'Expo' 70, de la Tour du Soleil, et plus encore pour le symbole de la secte d' Ami (voir la photo de Okamoto ci-contre, trés explicite)

AMI : est l’incarnation de l’otaku. Désincarné, il vit dans un monde de fantasmes liés à l’enfance et au dessin animé. Il rêve d’un New type (thème de la nouvelle humanité chèr au manga). Il n'est pas difficile de voir, dans la secte d'ami, une transposition fantasmatique de la secte Aum. Cette dernière se revendiquait en partie du boudhisme, mais aussi des cultures otaku. Elle reste cééèbre pour l'organisation de nombreux attentats, dont un très traumatisant au gaz sarin dans le métro Tokyoïte en 1995, qui fit une quinzaine de morts et plus de 5000 bléssés.


KENJI : l’anti Otaku. Il a quitté les rivages de l’enfance, oublié cette culture pour passer à l’age adulte. Il incarne l’anti-Otaku parce qu’il s’occupe de sa petite nièce (donc il tisse du lien social) et fonde à sa manière une famille. Il travaille aussi dans un convini familial, autre signe de résistance à la culture otaku qui, elle, se fédère fortement autour de la chaîne américaine Seven/Eleven.

Joe YABUKI JOE : Pseudo de Kenji, tiré de la série Ashita no Jô (Le Joe de Demain) de Tetsuya Chiba, malheureusement non publiée en France pour le moment. Dans les années soixante, Joe est ce marginal solitaire et boxeur virtuose qui refuse le modèle de vie de son époque. La fin de cette décennie marque en effet l’ancrage de la société japonaise dans une prospérité économique faisant passer au second plan les plaies de la pollution industrielle ou d’une urbanisation ravageuse. Pour les japonais qui refusent d’abandonner leur passé tout comme pour ceux qui voit la tutelle américaine et ses dérives quotidiennes d’un bien mauvais œil, Joe se présente –et demeure aujourd’hui encore- dans nombres d’esprits le modèle parfait du antihéros. C’est pourquoi Kenji choisit ce nom.

L’un des plus célèbres évènements de l’histoire du manga reste la mort du boxeur Tôru Rikiishi, adversaire célèbre, relatée le 22 février 1970 (et oui toujours la même année) dans un épisode ultime concluant plusieurs semaines de combat acharné, au rythme de la parution du magazine qui prépubliait Ashita no Jo. Sous la pression des lecteurs atterrés, la maison d’édition Kôdansha se trouva contrainte d’organiser une cérémonie funéraire en l’honneur de ce héros virtuel. Ces huit rounds épiques avaient tenu en haleine la jeunesse de l’époque – en particulier ceux qui s’étaient engagés dans les mouvements étudiants militant contre le renouvellement du traité de sécurité qui lie Amérique et Japon, retrouvant dans le personnage de Joe un modèle de liberté. Fin février, la tension est à son comble. “Rikiishi est mort !” Au lycée Azabu, l’un des établissements les plus prestigieux de Tôkyô, ce cri est lancé à la cantonade, faisant se vider les salles de classe… pendant ce temps, kenji et sa bande construisent leur base secrète...

07 juillet 2006

Vivement demain

La voiture, c'est démodé...

Dérivé de l’anglais «mechanical», le terme Mecha (MEKA) fait référence aux robots, géants ou non, armes mécaniques, et d’une manière générale tout véhicule ou objet tournant autour de la machine, comme les bon vieux vaisseaux spatiaux d’Albator ou les implants biomécaniques top techno de Ghost in The Shell. Si pour beaucoup d’occidentaux ce genre de vision relève de la fantasmagorie rigolote, il faut savoir qu’au Japon, ce genre de concept est au contraitre pris très au sérieux. On ne rigole pas avec le cyber.
En fait, le Japon est bien plus passionné par les robots que n’importe quel autre pays à travers le monde. C’est une fascination ancrée dans la culture et l’imaginaire du peuple tout entier, qui discerne dans cet objet du futur l’un des éléments à venir les plus importants pour la sauvegarde de l’humanité. Preuve de l’importance de cet engagement, le sujet robotique concerne désormais tout autant le commerce que la recherche scientifique et l’industrie. En effet, les entreprises de pointe nipponnes planifient aujourd’hui très sérieusement d’en construire et d’en commercialiser à terme plusieurs à utilité publique. Honda est d’ailleurs tellement à la pointe de cette recherche qu’aucune société ne semble capable aujourd’hui de la concurrencer, et sa démonstration du robot modèle Asimo en 2000 à ébahi même les plus incrédules.
Au Japon toujours, on compte aussi plus d’une cinquantaine de concours par an autour de la création de robots, impliquant les meilleures écoles et universités scientifiques de l’archipel, et dont le plus célèbre est retransmis sur la chaîne nationale NHK. Un vrai rendez-vous spectacle qui fait vibrer le Japon tout entier, un peu comme le Superbowl chez nos amis yankee en quelques sortes (mais pas tout a fait non plus, question de culture je pense)
Enfin, dernière grande annonce en date, le gouvernement japonais vient d’annoncer au début du mois qu’il espérait envoyer des machines de type Gundam dans l’espace d’ici à 2010. J’espère que j’aurai la chance d’en piloter quelques-uns avant de mourir.

30 juin 2006

Le moe à la mode

Lorsque le mot est moe, peut-on se permettre de faire des jeux sans passer pour un méprisant scribouillard?

Moe est  le nouveau mot à la mode dans l’archipel. Littéralement il signifie «bourgeon en floraison» et sécrit en japonais à l’aide du kanji moeru, (caractère chinois utilisé généralement pour désigner le verbe «s’enflammer»). Le terme fut en effet l’un des néologismes le plus utilisé au Japon en 2005, si l’on en croit certaines instituts de sondages japonaises. Signe important de cette tendance, de prime abord réservé exclusivement aux mondes clos des otaku, le terme passe désormais dans le langage courant. Plus de 30% des japonais avouent désormais connaître ce mot, et le pourcentage s’accroît grandement lorsque l’on réduit les classes d’âges des sondages au moins de trente ans. Intriguant non ? Alors qu’est ce que le moe ?

Un concept encore flou, qui désigne à la fois une pseudo-relation sentimentale avec une icône virtuelle, plutôt impubère et féminine, le fétichisme pour les figurines dérivées de ces personnage, mais aussi le courant esthétique très spécifique utilisée pour générer ces dites icônes. La passion amoureuse n’y est pas exclue du moe, mais n’en est pas vraiment le cœur et s’exprime de façon minoritaire. Non, le sentiment du moe se développe plutôt autour de la fraternité protectrice, celle d’un grand frère humain à une petite sœur fantasmée, et semble plus destinée à palier le manque affectif et la solitude de l’otaku qu’à assouvir une sexualité imaginaire. Devant l’explosion phénoménale du mouvement et sa forte convergence vers un type unique de physionomie, le moe s’est aussi rapidement transformé en une tendance esthétique, qui domine radicalement ces derniers temps dans le monde de l’otaku. Certains disent d’ailleurs qu’aujourd’hui, il ne fait pas bon se promener à Akihabara, quartier de prédilection des otaku, si l’on n’est pas dans le moe. Alors, à quoi reconnaît-on le moe ?

Schisme_1Si l’on part du schisme esthétique originel qui remonte au milieu des années 80, le moe s’oppose à Nausicaa, personnage de Hayao Miyazaki, dont les descendants modernes peuvent aussi bien être les petite filles qui continuent d’emplir les longs métrages animés du maître (Chihiro par exemple), comme la commissaire Motoko Kusanagi de la série Ghost in the shell, ou la Angel Heart de Tsukasa Hojo. L’esthétique moe dérive des personnages tels que Urusei Yatsura. Et ses descendants modernes sont plutôt Sailor Moon, le personnage culte de Rei dans la série Evangelion, ou encore plus récemment toute la galerie de protagonistes féminins des séries Negima et Love Hina de Ken Akamatsu.

06 juin 2006

L'écriture féminine et Persépolis

« Je ne crois pas à cette thèse selon laquelle les femmes écrivent différemment des hommes », a dit Marjane Satrapi dans une interview donnée à Michel Edouard Leclerc.

Satrapi2180_1Tout faux ai-je envie de dire à cette charmante artiste qui me semble dès lors n’avoir qu’une vue limitée sur sa propre création. Comme tous les artistes en fait.  En effet, Persépolis fait montre de toutes les caractéristiques de l’écriture féminine reperées dans la littérature intime et les récits de vie. Après, si les théoriciens littéraires et poétiques inspirés par le "fait littéraire" ont faux, forcément moi aussi. Mais soyons positif et partons de l’hypothèse qu’ils ne disent pas que des conneries, et n'ont pas biaisé leur corpus. 

Cet article fait suite à une première analyse des couvertures de Persépolis

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30 mai 2006

Statu Quo

Rien ne se perd, rien ne se crée... rien ne se transforme.

Serval

La politique éditoriale de l’industrie du comic Book se résume depuis des années à une devise : le Statu Quo. En quelques mots : chaque scénariste doit laisser le monde des superhéros dans l’état dans lequel il était au commencement. Ainsi Spiderman, Superman, Batman et consort ont pu traverser moult incidents graves sans que ceux-ci ne laissent de traces pour le futur. Un personnage meurt…il s’est peut être simplement volatilisé dans une autre dimension, pour mieux revenir un jour ou l’autre. Un autre perd ses pouvoirs. Ne serait-il pas simplement affaiblie par une quelconque maladie incurable…jusqu’à présent ? Bref, une seule chose est sûre dans le monde des superhéros : rien ne se modifie ad vitam eternam.

Attention: quelques petits détails de l'intrigue du film XMEN 3 sont dans la suite.

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