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Bédésphère

Les amis d'AAAPOUM

14 mars 2008

Les origines (mieux que celles de serval)

Une_page Pour Philig qui pense que l'on vieillit

Dupuy et Berberian sont les grands prix du Festival D'Angoulême pour cette année. Quand j'avais la vingtaine, j'étais fan. Désormais, un peu moins. Mais quoi qu'ils fassent, ils restent d'une certaine manière à l'origine de ce blog. C'est en effet de l'un de leurs livres, Le Journal d'un Album, que m'en est venue l'idée. Tout d'abord, je dois confesser que cet ouvrage a une valeur particulière à mes yeux. Il s'y trouve la plus belle planche de bande dessinée, celle qui m'a le plus marqué de toutes mes lectures. Je ne saurais dire pourquoi je l'aime autant, tout en ayant conscience que cet amour est démesuré. Peut-être l'aurais-je découverte à un moment important de ma vie, ou qu'elle répond à la manière que j'ai de me souvenir des morts. Je ne saurais dire, c'est ainsi, totalement subjectif, personnel, et assumé. Et le AAABLOG dans tout ça ? J'y arrive.

Le AAAblog est né de mon initiative. A cette époque, Vlad est passablement déprimé et je me retrouve, tel Berberian face à Dupuy dans ledit journal, impuissant. Pour solution, je n'ai que cette idée, reprendre notre vieille relation épistolaire, nourrie d'échanges le plus souvent idiots et de dessins, mais sous une nouvelle forme puisque l'ancienne était morte d'une telle manière qu'il me paraissait tout à fait impossible de la ressusciter. Je lance donc ce blog avec l' espoir que, comme Berberian lançant le projet du Journal d'un album pour sortir son vieux compère d'une vieille déprime, cette écriture aurait un effet salvateur sur le moral de mon camarade. A côté de notre travail principal se glisserait une nouvelle activité qui, en apparence, lui serait reliée.

Vlad écrira le premier post, totalement idiot sur des seiches à la portugaise, puis créera, à ma grande surprise, une rubrique autobiographique intitulée la mémoire de l'oeil. Cette dernière manifestait, je crois, le désir ou le besoin de placer un peu de libération dans ce projet. J'étais content, jouais le jeu de la confession, comme aujourd'hui. Vlad et moi cultivions un long rapport à l'autobiographie, rien de grave ne pouvait arriver.

On écrit à fond, on oublie pas tout mais presque et aujourd'hui, Vlad va bien, super bien (non grâce au blog, je vous rassure). Il me les brise à nouveau menu parce que je fais mal les étiquettes ou ne range pas tout à fait correctement. Mais je ne regrette pas. Il faut savoir que ce truc orange et gris me coûte 15 euros par mois et que je ne l'ai jamais facturé à l'entreprise, même du temps où nous n'étions pas associés avec le troisième larron. Je tiens au symbole. Donc pour Philig qui voudrait que l'on s'active, à raison : Il faudra attendre que l'on récupère un peu de temps libre, ou un drame, à défaut. Amitié aux cliqueurs lecteurs, en moyenne 100 par jour depuis le début. Ce blog vient d'entamer sa troisième année d'existence, la librairie de la rue Serpente sa seconde, et tout va pour le mieux, AAApoum Bapoum est parti pour devenir le prochain empire Lagardère, à taille humaine.

01 octobre 2007

We are such stuff as dreams are made of...

Par  Stéphane

Theo Je ne sais pas pour vous, mais j’aime beaucoup les citations. J’en ai une petite collection de préférées, souvent d’auteurs de littérature, souvent d’images poétiques. Parmi celles que j’affectionne le plus, il en est une de Shakespeare, tirée de La tempête.
Je tiens énormément à ce morceau de texte pour deux bonnes raison. 1) Je le trouve très beau, 2) Je me dis souvent que c’est en grande partie grâce à lui que j’ai décroché le Bac. En effet, je l'ai utilisé dans ma dissertation de philosophie, mon plus gros coéf,(5) et de loin ma meilleure note à l’exception de celle en sport. J’ai fini avec 10,3 de moyenne, c’est dire l’importance de ce devoir. Pour les curieux le sujet était autour de la notion d’illusion, j’ai eu 12,  je l’ai cité en conclusion et en anglais, ça faisait classe. Depuis, je l’utilise parfois dans mes articles, et à chaque fois que je l’entends, je suis ému.
Franck Le Gall semble partager avec moi une immense passion pour Shakespeare, et beaucoup de tendresse pour ces mots précis. C’est sûrement pour cela qu’il les cite lors de la conclusion, belle et dramatique, du premier cycle de Théodore Poussin (une des trois plus belles œuvres de bande dessinée sur le voyage, l’initiation avec l’Homme de Java et Julien Boisvert). Une série comme il en exite peu, vraiment, avec de l’aventure, des pirates, de la poésie, de la tendresse, et plein de références amoureuses à Kipling, Baudelaire et Shakespeare.

Je la compte parmi mes œuvres fétiches. Or, depuis trois semaines, nous en avons une série complète au magasin : 12 volumes pour 60 euros, soit 5 euros la pièce. Elle n’est toujours pas partie, presque un camouflet pour le libraire que je suis. Nous verrons donc si la magie d’Internet et mon petit laïus nostalgique sauront y changer quelque chose. Car ça me déprime un peu de la voir sur l'étagère sans jamais susciter l'intérêt des clients.

 

12 mars 2007

Pif ! C'était mieux avant ?

Coco show

par Vlad

Je ne sais pas auprès de qui Stéphane a récupéré un petit lot de Pif, mais il se trouve qu'il s'agit de numéros que j'achetais à l'époque, à l'aube des années 80. C'était ma joie hebdomadaire. Comme j'étais abonné je pouvais l'exhiber à la récré un jour avant les copains. Il faut bien dire que Jean-Max a été abonné avant moi... Et Guillaume avait vu 5 fois Indiana Jones avant que j'y aille moi-même, mais ceci est une autre histoire.
Pif836 Et bien à revoir certaines couvertures après une bonne vingtaine d'années il y a de quoi frémir... Mon dieu ! Quand on pense que Stéphane Collaro, l'homme par qui le mal est arrivé à la télé française, y faisait du lobbying éhonté, et que moi, pauvre petit Mowgli du cinquième arrondissement, j'ai été exposé à autant de matière radioactive !
Heureusement les bédés sont bien pour la plupart, à part les trucs pédagogiques historiques ou les merdouilles hagiographiques de sportifs... Alain Prost, Niki Lauda, qu'est-ce qu'on s'en fout ! Ah mais Yannick Noah c'est différent. Yannick Noah, lui il est bien.
Il y a tout de même quelque chose de gênant, mais qui peut se transformer en jeu pour spécialistes : les auteurs de nombreuses planches ne sont jamais crédités dans ce bel hebdomadaire.

Les Pif sont à vendre entre 1 et 3 € en fonction de l'état.

Vous pouvez admirer les formidables couvertures de Pif  (et les nombreuses têtes de Stéphane Collaro) sur le lien suivant. 

29 janvier 2007

Ce bon vieux centre Pompidou

Chasse à l'androïde

par Vlad

Beaubourg C'est les 30 ans du centre Georges Pompidou. En ce moment la façade est décorée de la fusée de Tintin, à l'occasion de l'expo Hergé (il paraît que c'est Bob de Moor qui a conçu l'engin, mais ça c'est une autre histoire). En voyant ce décollage, je me suis souvenu de mes jeux d'enfants en ces lieux culturels.

Pour moi le Centre c'était un vaisseau spatial qui allait décoller. La Terre allait être détruite et le Centre embarquait le maximum d'humains pour les conduire en sécurité sur une autre planète... ou pour errer à travers les systèmes comme dans Galactica. Le compte à rebours était enclenché. Manque de pot, à bord s'était infiltrés une poignée d'ennemis de la race humaine, des androïdes surpuissants. Evidemment, moi j'étais un agent chargé de les débusquer et de les éliminer. Je crois que j'avais lu le Valérian Métro Châtelet direction Cassiopée qui contient une belle séquence d'action à Beaubourg et sans doute avais-je vu la bande annonce de Blade Runner.

Donc dans les coursives du Musée d'art contemporain ça chauffait. Y'a plein de planques et de recoins dans ce vaisseau-ville. En plus ces salopards d'androïdes ils se faufilaient parmi la foule des vrais humains paniqués pour éviter les tirs de mon calibre made in spain. Les munitions étaient limitées et il  fallait que je me farcisse le dernier à la barre de fer. J'en ai bavé pour préserver un avenir à  l'humanité.

Escalators

16 septembre 2006

Goldorak est mon ange gardien.

Sans lui je serai autre chose, c’est sûr

Par Stéphane

Goldo1 : Comme pour deux garçons sur trois de ma génération, il fut le héros et le  jouet ultime. J’en eu deux versions. Le classique avec la soucoupe en plastique qui tire des missiles gamma et des planitrons, et une peluche, bien plus grande que moi, remplie de fourrage. La paille, c’était pour moi «de l’intérieur de Goldorak». Je devais découvrir ce que la paille était réellement quelques années plus tard, et comprenais ainsi pourquoi cette conne de peluche ne tenait jamais debout malgrè sa rigidité apparente.

2. Des rares miracles intellectuels dont ma mère peut s’enorgueillir lorsque elle parle de son fils (car il faut reconnaître que par la suite ce sacripant eu une scolarité plutôt sans éclats positif, si vous voyez ce que je veux dire), c’est que j’appris à lire seul (les mots et l’heure), entre quatre et cinq ans, à l’aide du programme télé et de nombreuses questions. A cette époque ma mère ne veut pas que je regarde la télé, et préfère que je m’épanouisse dehors. Hors, le mercredi, 14H35, après Watoo Watoo, impossible pour moi de manquer ce rendez-vous. Comme elle ne peut rien m’interdire sinon je fais des comédies atroces, elle me ment. « Retourne jouer, ce n’est pas encore l’heure. Ce n’est pas encore l’heure. Ce n’est pas encore l’heure. Ce n’est pas l’heure…. Bah alors, où tu étais, je t’ai cherché partout dans la cour mais tu étais nulle part. C’est fini Goldorak ». Vous pouvez vous dire que je ne me suis pas laissé faire longtemps.

3. Le premier dessin, celui que j’ai vu ou du moins compris comme tel. Dans les poubelles de l’immeuble, un superbe Goldorak en crayon à papier, sur une feuille à grands carreaux, les deux poings tendus, s’éjectant de sa soucoupe, avec des vaisseaux ennemis en arrière plan. Magnifique. Ma mère ne voulait pas que je le garde, mais elle céda. Aujourd’hui je le revois, assez nettement, et comprends qu’il ne devait être que le décalque d'un enfant plus vieux que moi. Mais à l’époque, c’est de l’art, qui me permit de saisir le concept de réalisme. Fini les boules et les traits que je griffonnais partout, je commençais à scruter le monde avec attention, et vouloir le reproduire dans le détail.

4. Quelques années plus tard, je décalque beaucoup, sauf Goldorak, dont je n’ai aucune représentation en deux dimensions. Il est le premier personnage que j’apprends à dessiner depuis un objet en volume –mon jouet bien sûr. J’ai beaucoup progressé grâce à lui.

 5. Aujourd’hui, je ne dessine plus, ou très mal. Je sais, je sens, un blocage. Pfiouuu. Chaque fois que je passe devant mon Goldorak en plastique, unique jouet que je possède encore, offert par François de DBD à un anniversaire, je me dis que je vais réapprendre grâce à lui. Un jour je vais le mettre sur ma table base, prendre une feuille, et le redessiner comme je le fis des dizaines de fois.

03 septembre 2006

L'édification de la jeunesse

GastonL'éveil d'une conscience
par Vlad

En 1984, quand l'album n°14 de Gaston (La saga des gaffes) paru, j'avais 9 ans. Sur la moitié de page inférieure qui suivait le dernier gag s'étalait une publicité pour l'Unicef au profit de  laquelle les éditions Dupuis avaient édité un tirage de tête. Le caractère exceptionnel de ce type d'intervention au sein d'une bédé cartonnée, décuplait  son impact. De plus il y avait deux dessins de Franquin qui encadraient le texte. Celui de droite représentait un enfant pauvre portant  de l'eau, et celui de gauche (reproduit ci-contre) montrait Gaston ouvrant un robinet pour remplir une casserole. Et bien cette image et les propos concernés de Gaston surgissent en moi à chaque fois que je tourne un robinet d'une main en tenant une caresserole de l'autre ! A chaque fois et ce depuis donc 24 ans ! Et seulement avec les casseroles... avec les bouteilles, les verres et les seaux rien ne se passe.
C'est fou l'impact de certaines images. Je suis plutôt économe avec l'eau, et ça vient partiellement de cette lecture !

23 juillet 2006

Hommage

Regardez la dernière, on dirait Bender de Futurama

A l'occasion du Comic con de San Diego, Wired a publié un florilège de vieilles couvertures de comics. Un vrai bonheur.

17 avril 2006

Comment j'ai compris la mort

De fil en aiguille, de Daredevil à l'enfance.

Par Stéphane

Comme beaucoup d'enfants, je restai longtemps intrigué par «la mort». Pourtant, il me fallut pas mal de temps avant d’en saisir, ou plutôt de définir, une image et un concept que pouvais m’approprier. Ce travail passa par deux œuvres, en partie.

La première c’est Blade Runner, le film, dont je me souviens n’avoir rien compris ou presque en dehors du sentiment à la fois vague et puissant de ce que peut être le terme d’une vie. En conclusion, Roy le robot s’éteint la caméra en gros plan son visage, alors que la pluie bat son plein et masque possiblement les larmes qui se déversent de son œil, pourtant mécanique, à l’approche de sa fin.

La seconde image, c’est la couverture du Strange 181 signée Frank Miller et datant de janvier 1985. Elle marqua mon esprit d'enfant pour ce qui est de l’autre versant de la mort, c'est-à-dire du point de vue de ceux qui restent et sont en deuil. On y voit Daredevil, visage nu, enserrant de ses bras la croix de marbre qui surplombe la tombe de sa défunte aimée. Au geste, urgence de sentir la chaleur humaine, s’oppose la pierre, dont la froideur est soulignée par la neige qui tombe à gros flocons sur cette scène désespérée.

Aujourd’hui encore, lorsque j’utilise le mot dans une conversation ou dans une critique, c’est invariablement ces deux images qui remontent à mon esprit comme pour illustrer ma pensée, ou mon sentiment.

Strange_1

Roy_2_1

15 mars 2006

Home - Steph & Nadia


  Home - Steph & Nadia 
  Originally uploaded by The slimshady.

En surfant sur Flickr, où j'ai moi même un compte, j'ai trouvé parmi les clichés de mon Jules from London une photo de ma bibliothèque, vieille de quelques mois... dans ces moments là on se surprend à redécouvrir son chez soi...

14 février 2006

Thorgal : un héros adultère

« Tu m’ennuies Thorgal »
                   Syriane, première case de La cage.


Par Vlad

Thorgal Aegirsson… Son histoire n’a pas disparu de toutes les mémoires. Ce récit est à ce point constitué d’emprunts divers et pétri de mythologie qu’il a fini par faire corps avec cette dernière. Pour les lecteurs de ma génération et sans doute de la précédente, Thorgal, c’était la saga ultime. Dans les temps anciens les vieux avaient la Bible, les cours d’éducation latine et Georges Dumézil. Nous, à l’ère Giscardo-Mittérandienne  on avait Thorgal. Ce type avait trop la classe. Il était super balaise avec une épée et à l’arc, sans avoir les deltoïdes boursouflés de Schwarzy. Toutes les meufs, TOUTES, étaient amoureuses de lui. D’ailleurs c’est une fille, Shaniah, qui le souligne la première, dans le tome 5, Au-delà des ombres, où il réussit à revenir des Enfers ET à sauver son épouse (pas comme cette tapette d’Orphée) : «Décidément, la vraie chance des héros, c’est de plaire aux femmes, mortelles ou non». La saga de Thorgal s’achève avec le tome 23, paru en novembre 1997 : le définitif La cage. Ce qui a été publié après en utilisant la renommée de la série n’est qu’usurpation. C’est comme le Dylan d’après l’accident de moto de 1966, ce n’est pas le même, il a été remplacé.
Je m’explique.
Indépendamment des péripéties narrées avec maestria par Van Hamme et Rosinski, il y a une autre histoire qui est racontée derrière les apparences. Une histoire qui trouvait son aboutissement dans La cage et qui, artistiquement, n’admettait pas de suite.
Thorgal, c’est l’histoire d’un homme partagé entre deux destinées, entre deux femmes, entre deux modes de vie. Une fois que c’est formulé, c’est évident.

Aaricia

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