No more heroes anymore
Les lecteurs réguliers de ce blog savent bien que j'ai du mal avec la maltraitance des animaux. Pour les nouveaux lecteurs, je place en hyperliens discrets deux archives, l'une concernant Spirou, l'autre Blake et Mortimer.
No more heroes anymore
Les lecteurs réguliers de ce blog savent bien que j'ai du mal avec la maltraitance des animaux. Pour les nouveaux lecteurs, je place en hyperliens discrets deux archives, l'une concernant Spirou, l'autre Blake et Mortimer.
Rédigé par Vlad à 00:21 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Un chat et son shérif
De plus Sur la neige est actuellement le seul album connu du dessinateur Aubin Frechon, l'homme qui est actuellement en train de turbiner sur la suite du nouveau Blake et Mortimer qui sort demain...
Plus d'infos sur le travail d'Aubin Frechon sur Blake et Mortimer sur le blog de Laurent, l'homme qui surveille le Centaur Club jour et nuit.
Rédigé par Vlad à 16:37 dans Derniers arrivages..., Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Bonne idée que de lancer le professeur Mortimer dans une nouvelle enquête archéologique comme au temps de la Grande Pyramide. Sur les traces de Judas en plus (Cette année entre le Crumb et le Blake et Mortimer on peut dire que la culture biblique est à l'honneur). Et puis la Grèce est un beau cadre, Van Hamme semble d'ailleurs y avoir passé d'excellentes vacances. Il s'y est laissé gagner par une douce torpeur méditerranéenne. Comme il a un peu trop pris le soleil, ébloui, il a négligé de cacher ses ressorts scénaristiques. Si la trame générale se parcourt sans déplaisir, les ficelles sont bien épaisses et chaque péripéties se termine par un nœud qui a du mal a passer tant il est enduit d'invraisemblable ou de carnavalesque... Oh ! Un chien tombe dans un trou (Muff ? C'est toi ?) ! Oh ! Un éclair arrête les bandits ! Tiens Olrik se prend les pieds dans sa robe. Mince, des moutons... Le plus discutable reste cette scène où l'on voit des Grecs jouer aux cartes attablés dehors en plein soleil plutôt que de rester tranquillement à l'intérieur. Van Hamme singe à nouveau Jacobs sans jamais comprendre le soin du détail qu'affectionnait le maître, sans jamais éprouver la moindre empathie pour les personnages, sans jamais chercher à se mettre à leur place. Chez Jacobs les méchants étaient intelligents en dehors de leurs crises de folie et de panique. Les scélérats donnaient du fil à retordre aux deux anglais. Ici ils sont juste grotesques. Van Hamme ne résiste d'ailleurs pas à l'attrait d'une conspiration néo-nazie digne d'une farce télévisuelle... Good grief !
Sur le plan du graphisme, feu René Sterne fait ce qu'il peut pour se couler dans le moule Blake et Mortimer, en ratant souvent le découpage, mais en réussissant certaines audaces qui donnent un peu de légèreté et d'humour à une pesante mécanique narrative. Après le décès du dessinateur (planche 29), c'est sa femme, Chantal de Spiegeleer, dessinatrice également, qui prend le relai honorablement, même si on sent que l'académisme exigé la maltraite quelque peu. Je déplore tout de même leur vision d'Olrik : La némésis de Blake et Mortimer a troqué son élégance naturelle pour des manières affectées de vieille tante, c'est presque impardonnable.
Un Blake et Mortimer de plus, qui se lit et qui contient de bonnes idées, mais qui agace souvent. On verra si le tome 2 coule le rafiot ou s'il ramène tout le monde à bon port, ce qui est encore possible... Mais qui va le dessiner au fait ? Moi je veux bien que ce soit Chantal de Spiegeleer, mais il faut qu'elle fasse quelque chose pour le Colonel et qu'elle arrête de faire ses phylactères à l'ordinateur.
P.S. : On me rappelle avec justesse que c'est Aubin Frechon qui travaille actuellement sur le tome 2 des Deniers. Voilà qui tombe bien, car nous avons justement en magasin un Tohu Bohu dessiné par Aubin Frechon... Sur la neige, scénario de Wazem. 6€.
Rédigé par Vlad à 18:26 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Rédigé par Vlad à 12:34 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (17) | TrackBack (0)
Avant le temps des cathédrales
Lorsqu'il dessine L'Aigle de Rome, le jeune Jean-Claude n'a encore rien publié. J'imagine qu'il s'est lancé dans cette entreprise en solitaire, avec l'envie ardente de prouver sa valeur au monde. Son inspiration est marqué par deux courants. Un goût de la fantasy et un attachement aux paysages de l'Ouest américain. Il marie alors ces deux envies dans un péplum, un genre qu'il affectionne également, et qui dans son esprit, si l'on en juge par le résultat, se situe à l'intersection de l'Heroïc Fantasy et du Western.
L'action se situe en Espagne au premier siècle avant J.C.. Après la conquête, les légions romaines tentent de maintenir la paix dans ces régions farouches. La structure de l'aventure est tout à fait celle d'un western.
Le héros, le centurion Marcus Flaminius est un excellent sous-lieutenant de cavalerie, à l'esprit indépendant et compréhensif vis-à-vis des populations indigènes, ici des tribus ibères parfaites en indiens parqués dans leurs réserves. Le camp de la Xe légion fait un très bon siège pour le 10e de Cavalerie. D'ailleurs l'Espagne est un substitut avéré de l'Ouest américain, quand on voit le nombre de westerns tournés dans le désert d'Alméria. Les Romains et les Ibères possèdent chacun leur quota de fanatiques belliqueux prêts à rouvrir les hostilités. Solitaire et de plus en plus barbu, le Centurion Flaminius est le seul qui puisse sauver la paix... Ramènera-t-il a temps l'étendard de la légion, l'Aigle, dérobée (oui au féminin) par les indigènes (oui comme au début de la série télé Rome ; un ami lettré me souffle qu'il doit y avoir une histoire comme ça dans La guerre des Gaules).
C'est déjà du bon noir et blanc mais le dessin est encore un peu rigide, les figures sont comme extraites de la pierre... Dans la suite de sa trop courte carrière, l'artiste, à force de minutie, parviendra à faire de ce défaut une qualité, définissant les contours d'un style magistral et hiératique, traitant avec le même soin les figures et les décors... Un sculpteur de cathédrales en quelque sorte.
Lorsque nous avons racheté la fin du stock de l'éditeur Pierre Charles, il restait un peu de ce titre mémorable, en parfait état... Mais pas du tout dans les mêmes quantités que les autres titres du petit catalogue. Aussi, notre prix de vente tient compte de cette rareté : 30 €.
A noter en plus de cette histoire complète, une vingtaine de pages concentrant diverses illustrations et histoires courtes de Jean-Claude Gal.
Rédigé par Vlad à 18:47 dans Derniers arrivages..., Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Rédigé par aaapoum à 12:00 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Comme promis : un nouveau bon mot de Stephen
Rédigé par Vlad à 10:22 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé par Vlad à 10:39 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Lisibilité et cohérence
Les héros de BD se doivent d'être reconnaissables avec aisance. Plus que leurs cousins de littérature et de cinéma, il faut qu'ils soient immédiatement identifiables. Ainsi classiquement, chaque personnage récurrent se voit affublé d'une panoplie, qu'il s'agisse d'un héros costumé ou non. Les héros de BD sont toujours habillés pareil. Possèdent-ils chaque pièce de leur équipement en un nombre considérable d'exemplaires (à l'instar de Schwarzenegger dans Last Action Hero), font-ils une grande lessive entre chaque épisode ou sont-ils simplement crados ? Difficile de trancher. Ce qui est sûr, c'est que le changement de costume est toujours signe d'aventure, de danger, de circonstances liées à ce qui est en train de se dérouler sous les yeux du lecteur et surtout... temporaire. Ce n'est pas pour rien qu'un des plus célèbres des héros de BD a mis plus de 40 ans avant de timidement troquer ses pantalons de golf pour des jeans de la même teinte.
Il est connu que les albums de Tintin furent souvent remaniés par Hergé, afin de les moderniser, d'en corriger les éventuelles erreurs. Ces infimes nuances ne peuvent qu'encourager les collectionneurs dans leur compulsive passion. Certaines des aventures de Tintin, à partir du Temple du soleil furent prépubliées dans le Journal Tintin (dit aussi Journal de Tintin) sur la double page centrale. Ainsi, le plus ou moins jeune lecteur découvrait au cœur de son hebdo, trois magnifiques strips à l'italienne. Passer de ces trois strips à l'italienne à une planche classique de quatre strips pour la version album est une opération délicate qui nécessite de nombreux remontages et élagages. Ainsi des portions d'images, voire des cases entières peuvent disparaître. Un album Casterman, réédité en 2003, permet de constater ces modifications pour Le Temple du soleil, dont il reprend la version journal.
Récemment, je feuilletais de vieux Journal Tintin du milieu des années cinquante et m'amusais à constater les différences entre la "version originale" à l'italienne de L'affaire Tournesol et son édition album (L'affaire Tournesol fut publiée du n°328 de février 1955 au n°389 du 5 avril 1956 de l'édition française de l'hebdomadaire)... Outre des cases qui m'étaient jusque là inconnues, une bizarrerie surgit avec force : dans une vignette de la planche 58 Tintin ne porte pas la panoplie habituelle que je m'attendais à lui trouver. Au lieu de son pantalon de golf marron, on lui voit un pantalon bleu soutenu par des bretelles... Je me reporte à l'album : il y arbore bien son pantalon de golf. Dans la séquence précédente Tintin et Haddock étaient travestis, tâchant de se faire passer pour des délégués de la Croix-Rouge afin de faire évader Tournesol. Dans la version album, Tintin commence à se changer au cours de la poursuite en voiture, ce qui lui permet d'avoir retrouvé sa panoplie après l'accident, alors que dans la version journal, il est encore à moitié déguisé après l'accident. Pourquoi ce subtil changement ?
La réponse semble évidente lorsque l'on a l'album entre les mains (ce que je vous conseille de faire) : c'est effectivement ce moment qui fut choisi pour en constituer la couverture. Scène vue à travers la brisure d'un aplat jaune, forte diagonale verte, Tintin de dos (comme sur seulement trois autres couvertures de la série)... Sans doute Hergé a-t-il jugé son visuel suffisamment déroutant sans, en plus, changer la panoplie de son héros. On remarque au passage que si Haddock garde alors son déguisement, il retrouve dans la version album des couleurs qui lui sont plus coutumières, le pardessus du déguisement passant de marron à bleu marine. Ainsi par souci de lisibilité, Hergé supprime les bretelles de la couverture et par rigueur et souci de cohérence, il les ôte aussi de la scène correspondante. D'ailleurs, la seule case qui montrait le bas du déguisement de Tintin et ses jambes de pantalon a également été retirée de la version album, si bien qu'on peut penser qu'il avait gardé son pantalon de golf, ce qui évite de heurter la vraisemblance avec un conducteur changeant de culotte pendant que son véhicule fait des tonneaux. Voilà un auteur qui avait le souci du détail !
Ci-dessous vous pourrez lire la Charte d'utilisation des visuels de l'œuvre d'Hergé énoncée par la société Moulinsart, qu'il est toujours utile de connaître quand on ne veut pas de problèmes (charte trouvée sur objectiftintin.com, un site qui connut récemment quelques bouleversements...).
Rédigé par Vlad à 15:35 dans Franco-Belge, Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
¡ Por Dios, une pinaille !
Sympathique cette commémoration des 20 ans de la collection Aire Libre. Les classiques de la politique des auteurs par Dupuis sont réédités sous jaquette avec des pages en plus (esquisses et blah blah, de quoi exciter le collectionneur). Le prix est en conséquence. Dommage que les éditeurs n'en aient pas profité pour corriger les erreurs. Ainsi 8 ans après, dans La terre sans mal de Emmanuel Lepage et Anne Sibran, la pauvre Eliana continue de se faire traiter de femme de petite vertu dans un sabir douteux. En effet, "putana" ne veut rien dire en espagnol, même de l'autre côté de l'Atlantique.
Rédigé par Vlad à 15:06 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Enfin... une bonne adaptation littéraire
Depuis bientôt dix jours, l’exposition
des planches originales du dernier album de Laurent Maffre, Les chambres du cerveau, a investi nos
murs. Une vingtaine d’originaux, magnifiques, sont présentés, noir et blanc
charbonneux baignés par l’expressionnisme des films de F.W. Murnau. De
sublimes grands formats au service d’une nouvelle de R.L. Stevenson contant le
meurtre d’un antiquaire la veille de Noël. Rien n’est à vendre, si ce n’est le
livre que nous recevons la semaine prochaine et que nous vous conseillons
chaudement. Ainsi, vous pourrez le faire dédicacer par son auteur, présent dans
votre Aaapoum du 14 de la rue Serpente le samedi 8 novembre dans l’après midi
et la soirée. Plus d'informations bientôt. En attendant, consultez ci-dessous
l’article que Stéphane a publié dans le dernier numéro de Chronic’art pour en apprendre un peu plus sur l’album..
Lire la suite "Exposition et Dédicace Laurent Maffre : les chambres du Cerveau" »
Rédigé par Stanley à 13:04 dans Franco-Belge, La vie de la boutique | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
Retour au noir
Au Centre Wallonie Bruxelles, sis juste en face du Centre G. Pompidou, sont présentées de nombreuses planches originales, illustrations et esquisses préparatoires pour de La théorie du grain de sable, le dernier opus des Cités obscures de Schuiten et Peeters, dont la seconde partie devrait paraître début octobre.
C'est réellement une bonne surprise : d'une part les quelques illustrations couleurs présentées se révèlent bien plus riches en vrai que leurs reproductions (une évidence pourtant, mais toujours étonnante), d'autre part, l'encrage noir et blanc des planches de l'album semble s'être enfin affranchi de son habituelle rigidité.
J'avais toujours trouvé le trait de Schuiten trop figé, sans doute à cause de sa volonté d'imiter la gravure. Là, enfin la plume semble danser sur le papier, les masses de noirs se positionner avec légèreté et évidence. La surface vibre. Je ne sais rien de l'histoire, ni si elle s'achève en eau de boudin comme la plupart des Cités obscures, mais graphiquement, c'est une vraie joie. Dans un court film projeté dans le cadre de l'exposition, François Schuiten s'exprime d'ailleurs sur son envie de revenir au noir et blanc qui fut sa grande motivation pour cette œuvre, après plusieurs albums couleurs.
Vous remarquerez qu'alors que les planches originales, de grand format (environ 50 cm sur 40), sont à la française, les deux albums de la Théorie du grain de sable sont à l'italienne... C'est un peu étonnant tant les planches semblent être conçues pour leur appréhension verticale et que d'ailleurs, contrairement à Giraud, Schuiten ne travaille pas par demi-planches. Faut-il voir derrière ce saucissonnage une simple affectation arty un peu vaine ? Ou une astuce commerciale pour produire deux albums épais de 109 planches au lieu de deux albums classiques qui auraient semblé trop fins à l'acheteur ? Epineux problème marketing en effet que de faire croire à l'amateur que rien n'a changé depuis l'époque des "romans-bd (A Suivre...)". Enfin, il faut bien que les créateurs vivent et chacun sait que deux petits albums se vendent davantage qu'un seul gros. Pour une fois je ne critiquerai pas trop : cette stratégie nous permet de lire et d'admirer les dessins de Schuiten à une échelle de reproduction plus grande que d'habitude.
Et rien n'empêche Casterman de ressortir plus tard une intégrale de luxe géante en format français...
Notons pour finir une belle scénographie qui happe le promeneur hors du quotidien : bruit du vent, éclairage subtil, le sable qui emplit les salles et s'écoule jusque sur le trottoir... au grand dam des marchands de fringues d'à côté qui ne goûtent guère ces raffinements artistiques.
Lumières sur Brüsel, Jusqu'au 2 novembre 2008, au Centre Wallonie Bruxelles, 127-129 rue Saint Martin, 75004, 11h à 19h sauf le lundi, 3€ (tarif réduit 2€).
Rédigé par Vlad à 10:50 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Abraham Stone marque un certain retour de Joe Kubert dans la création, au début des années 90, après une bonne décennie où il avait surtout consacré ses efforts à son école de dessin, la Kubert School Cartoon and Graphic Art. Cette œuvre témoigne d'une volonté de s'éloigner des récits de genre où l'auteur avait brillé (guerre et super-héros). Visiblement armé de nouvelles préoccupations Kubert s'oriente vers des terres plus sociales et réalistes. Abraham Stone est un jeune américain du début du siècle dernier. Un petit gars de la campagne de Pennsylvanie venu à New York sur les traces des assassins de sa famille. Ses investigations l'amènent à intégrer la pègre de l'East Side. Il ne tarde pas à découvrir les liens qu'elle entretient avec un certain capitaliste ferroviaire... Une aventure très "Will Eisner" en somme, le comique et la distance en moins (un lecteur a-t-il déjà trouvé une trace d'humour dans un bouquin de Kubert ???). Cette inclinaison thématique s'accompagne d'un changement de format. Kubert a conçu les aventures d'Abraham Stone pour le marché européen, et plus précisément pour son ami Erwin Rustemagic des
éditions alors yougoslaves Strip Art Features. 3 albums de 48 planches, donc. Les éditions Glénat accueillirent dans leur collection "Vécu" la première de ses aventures (t1 : Rat des villes). Par la suite Abraham Stone semble avoir été à Hollywood (t2 : Radix Malorum) et dans le Mexique de Pancho Villa (t3 : The Revolution), mais ces deux aventures n'ont jamais bénéficié d'une sortie album francophone. Il semble pourtant qu'elle furent au moins partiellement publiées dans USA magazine.
Tel quel, le tome 1 se suffit à lui-même. Une histoire de vengeance, simple, efficace, avec de belles scènes de pluie et des méchants vraiment méchants. Kubert ne fait pas dans la dentelle, mais son manichéisme allié à la fluidité de la narration assure un grand confort de lecture. Sa joie de dessiner est indéniable et entraînante. Une ardeur qu'il aura un peu perdue sur le travail de commande Tex, dont nous reparlerons dans ces colonnes.
Abraham Stone, T.1 Rat des villes de Joe Kubert, 1992, Glénat. Un album qui comme la plupart des tomes 1 demeurés sans successeurs se trouve assez facilement en occasion.
Dans nos archives : Joe Kubert (1) : Face au Viêt Công.
Rédigé par Vlad à 09:44 dans Comic, Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Communiste... kézako ?
Ne resterait-il que Mel Gibson pour oser les héros court vêtus dans une production grand public ? La frilosité semble avoir transi les producteurs du nouveau dessin animé Rahan qui passera sur Canal + en septembre (26 épisodes de 26 minutes)... Dans le fort appréciable magazine gratuit Zoo (n°14), on apprend au cours d'une interview du fils Lécureux (Jean-François, actuel scénariste de Rahan et fils de Roger, le créateur de la série) que, dans le dessin animé, le fils des âges farouches "porte un pagne plus long, façon indien (...) car pour le commercialiser dans les pays anglo-saxon, un héros en slip, tout nu, ça passe pas". Ah. Bon d'accord. Quelle audace ! Ce genre de remarque capitularde en dit long sur la fidélité à l'œuvre et à son esprit. Car non contents d'habiller Rahan, les développeurs du projet lui ont ajouté un animal de compagnie... Un ours transformé en korrigan par une sorcière. Le classique élément comique adjuvant du héros et sensé focaliser l'attention du jeune public (le "syndrome Jar Jar Binks") souligne clairement une dimension fantastique dans l'histoire. C'est là que réside ce qui me froisse et me fait émettre de sombres présages. Rappelons que Roger Lécureux était communiste et que ses scénarios forment la fine fleur de la production réaliste de Vaillant et Pif. Ses héros sont toujours animés de la volonté de ne pas déléguer leur destinée. Rahan est l'ami de tous ceux qui marchent debout mais lutte farouchement contre les manipulateurs et les tyrans. Véritable matérialiste historique il vérifie chaque jour la puissance de l'inventivité humaine et l'efficacité de la raison. S'il est confronté presque à chaque épisode au pouvoir des sorciers, c'est à leur emprise psychologique qu'il s'attaque, pas à leur réelle puissance magique. En définitive son rôle est de les démasquer. Le pouvoir de ces charlatans s'avérant à chaque fois à la fin le résultat d'artifices pyrotechniques ou psychotropes : "la religion est l'opium du peuple", écrivaient Marx et Engels.
En Bourse, les actions "Xilam animation", la société développeuse du projet, ont connu une chute vertigineuse depuis janvier. Des esprits superstitieux pourraient déceler dans cette courbe descendante une manifestation de la colère de Roger le père, depuis le "Royaume des ombres".
Le peu d'images qui filtrent du produit laissent envisager un honnête développement du style Vatine, comme vous pouvez le constater sur le site de la société de production Xilam et ici en plus grand.
L'image reproduite en début d'article est propriété de la société Xilam (www.xilam.com)
Rédigé par Vlad à 12:48 dans Franco-Belge, La philodébulle | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Plagiat autorisé
Existant sur support vidéo, audio, voire en comédie musicale, traduit en 180 langues et dialectes, le Petit Prince de Saint Exupery est le livre français le plus vendu au monde. Peut-il décrocher le titre de celui le plus mal adapté en bande dessinée ?
La réponse est comparable aux chroniques Bd sur le sujet, insipide.
La vraie question reste celle de l'adaptation, son intérêt, sa nécessité. Artistique et fictionnel s'entend.
De fait aucune. Sauf à offrir aux inconditionnels de l'œuvre, à ses détracteurs, au consommateur, un nouvel objet de bavouillage, d'admiration éperdue ou de fiel incendiaire. Achat pavlovien ou polémique d’intelligentsia, les marchands du temple encaissent le cash.
Opposer à cette pale imitation, justifiée par le prétexte convenu du changement de médium, la sincérité de la transposition relève de la plus évidente lucidité esthétique. Au sens philosophique du terme.
Ici
Puis là
Suite du strip
Et envoi...
Fff'mur, Le génie des alpages tome 1, Dargaud, 1972.
Rédigé par Stanley à 15:56 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
L'Homme de Mars s'expose rue Serpente du 22 avril au 22 mai
"Ce qu'on a essayé avec Dionnet, c'est de sortir conjointement mon album BD, Sales Amours, avec mon premier album solo, Amours Propres. Faire un bel objet. Mais CBS n'a pas voulu, libraires ou disquaires, ils ne savaient pas où le vendre".
Kent, in Métal Hurlant, La machine à rêver de Gilles Poussin et Christian Marmonnier, Denoël, Paris, 2005.
Il aura donc fallu 25 ans à Kent, artiste polyvalent, pour mener à bien son projet de concept album alliant physiquement musique et art séquentiel. Le résultat est donc paru chez Actes Sud BD il y a un mois. 29€ pour un beau bouquin bien imprimé, avec des noirs bien denses qui sentent bon, une jaquette qui se déplie en poster et un CD qui s'intègre dans la couverture. A chaque chanson correspond un chapitre du livre, et vice-versa. On peut parfaitement lire le livre sans écouter le disque et écouter les chansons sans parcourir les planches. Pourtant, cumulés, les deux albums (la polysémie du mot déploie ici toute sa saveur) se fécondent mutuellement : des portes se ferment, d'autres apparaissent. Si les chansons sont d'inspiration plus terrestre, malgré une orchestration cuivrée plutôt cosmique, l'onirisme triomphe dans la BD.
Le séjour d'un martien sur Terre est ainsi l'occasion pour l'auteur de nous livrer de belles pépites de poésie pure. Le découpage y est fluide et impeccable, surprenant et efficace.
Nous mettons cet album à l'honneur dans nos échoppes. Outre le fait que vous pourrez très bientôt nous l'acheter (mais où est le camion ?), vous aurez la possibilité de venir regarder une trentaine de ses planches originales exposées dans la librairie de la rue Serpente (14 rue Serpente, 75006 Paris, pour ceux qui ne nous connaissent pas encore). La plupart sont en noir et blanc, mais il y a aussi les superbes pleines pages en couleurs directes qui introduisent les différents chapitres. Il faut préciser qu'elles ne sont pas à vendre.
Cette exposition, que nous sommes en train d'accrocher, devrait être visible confortablement à partir du mardi 22 avril et ce pour un bon mois.
Rédigé par Vlad à 16:58 dans Franco-Belge, La vie de la boutique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Jeunes talents Fnac 1999
Depuis l'ouverture de ce blog je me suis donné une tâche : recenser les apparitions de Clint Eastwood dans la bande dessinée et jeter les ébauches d'une analyse de l'utilisation de cette figure. C'est ma mission, je dois la mener à bien, quand bien même je n'aurais pas grand chose à dire de certains des objets qui passent sous mes yeux.
Ainsi ce Rue Watt issu d'un concours lancé en 1999 par les Fnac d'Île-de-France. Il s'agissait de découvrir de jeunes talents... Aux participants étaient soumis un thème, le polar, et une phrase "Rue Watt, 31 décembre 1999, il pleut, une ombre passe...". Passons sur la banalité de l'argument, après tout les sujets de rédac' ne sont que des prétextes, et concentrons-nous sur l'objet primé, donc édité, puisque tel était l'enjeu. 3 feuilles A3 pliées en deux et agrafées, celle servant de couverture étant plus épaisse, merci. 8 planches de BD donc. Passons également sur le caractère pingre du mécénat fnacquien pour nous attarder sur ses conséquences. Le scénario élu, écrit par Laurent Benosa, semble avoir été conçu pour s'étendre sur une pagination plus proche d'un "roman dessiné" à la (A suivre...) que d'une nouvelle. Résultat : à force d'être elliptique l'histoire en devient obscure.
Dans un noir et blanc synthétique, entre ténèbres et surexposition, Olivier Georges dirige correctement son petit théâtre sans parvenir à dépasser la rigidité de ses sources photographiques. Un défaut propre à de nombreux débutants dont il est malaisé de se départir. Au moins le lauréat arrive-t-il ainsi à produire un Clint Eastwood
ressemblant (dans près de la moitié des cas). Curieux choix, néanmoins, que de recourir aux traits du célèbre Américain pour incarner "Cosme Vilard", un ancien de l'Indochine, fraîchement libéré du pénitencier de l'Île de Ré et arpentant les rue de Paris. Eastwood ne me paraît pas crédible en Français. La star transportant dans ses rides un demi-siècle de cinéma hollywoodien est depuis longtemps déjà un des visages de l'Amérique, identifiable par tout un chacun. Vouloir l'intégrer dans une trame marquée par un féroce ancrage dans le terroir de Lino Ventura était un défi un peu téméraire.
Si ce fascicule est un échec, il n'en demeure pas moins une proposition intéressante. Les deux jeunes talents découverts par la Fnac ne semblent pas avoir récidivé... Dommage.
Lire également dans nos archives :
Récurrence de la figure eastwoodienne : vanités des vanités
Récurrence de la figure eastwoodienne, annexe 1 : Black is beautiful
Récurrence de la figure eastwoodienne, annexe 2 : Dans l'ombre du pistolero
Récurrence de la figure eastwoodienne, annexe 3 : L'oncle d'Irlande
Rédigé par Vlad à 13:41 dans Cinéma, Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (8) | TrackBack (0)
Mais soudain...
Déjà petit je ne supportais pas trop dans Tintin au Congo la scène où Tintin zigouille tout un troupeau d'antilopes en croyant tirer toujours sur la même (un gag repiqué à quelqu'un d'autre d'ailleurs, je crois)...
Mais bon c'est un vieil album du siècle dernier, à l'époque où l'occidental pensait que la planète était une giboyeuse contrée aux richesses inépuisables, où les savanes africaines étaient synonymes de franches parties de rigolade, où la virilité se construisait en empilant des cadavres sur le capot de sa Land Rover. C'était l'époque où accumuler des péripéties suffisait à faire un album de bande dessinée.
Dans Le sanctuaire du Gondwana, le nouveau Blake et Mortimer, c'est à une véritable hécatombe d'animaux que nous assistons... Un éléphant, un lion, une vingtaine de lycaons, un hippopotame... Le pire c'est que nos aventuriers ne sont théoriquement pas là pour faire un safari : ils ont même embauché un gars du coin pour éviter les embûches du terrain !
Alors soit Mombo est un très mauvais guide, soit Yves Sente a un peu manqué de ressources pour meubler les 48 pages des aventures africaines de Blake et Mortimer. Cette seconde hypothèse me semble la plus probante, car le bel ouvrage Dans les coulisses de Blake et Mortimer nous apprend que Juillard, un peu gêné par cette accumulation, a fait part de ses doutes à son compère qui a accepté de retirer une attaque de crocodiles. Merci André.
Pour tous ceux qui apprécient les crayonnés de Juillard, à mon goût plus intéressants que son dessin finalisé, toujours un peu roide, même quand il ne cherche pas à singer Jacobs, l'ouvrage Dans les coulisses de Blake et Mortimer, co-édité par les Editions Blake et Mortimer et par Christian Desbois est tout à fait recommandable.
Christian Desbois organise d'ailleurs une expo Juillard dans sa galerie du 29 mars au 26 avril 2008.
Dans nos archives :
• Sur la maltraitance des animaux :
Non aux châtiments corporels dans Spirou, décembre 2007.
• Sur Blake et Mortimer :
La véritable édition originale de Sato 2, mai 2007.
Rédigé par Vlad à 01:35 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
au 99 bis Park Lane...
Pourquoi le professeur Mortimer ment-il à cette brave mistress Benson en lui disant qu'il va se servir un gin alors que manifestement il s'apprête à siroter un scotch whisky ?
Vous en saurez plus en découvrant le 28 mars le nouveau Blake et Mortimer de Yves Sente et André Juillard: Le sanctuaire du Gondwana...
Rédigé par Vlad à 10:23 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Lucy in the sky with diamonds
Les éditions Stardom continuent de distiller à leur rythme pépère les aventures de Mœbius à l'intérieur de lui-même, si bien que le décalage entre l'exécution des pages de ce journal crypté et leur parution semble s'accentuer. Inside Mœbius 4 est donc paru.
Je reste partagé sur la nécessité du projet et sur la fraîcheur du résultat. Le nouvel opus ne déroge pas à la règle. Le caractère revendiqué de la vacuité de la plupart de ces planches ne les rend pas plus pertinentes ni moins redondantes. L'auteur s'y perd la plupart du temps en auto exégèse inutilement explicative. L'ouvrage contient néanmoins quelques pépites d'humour et de belles trouvailles. Par ailleurs, le troisième tiers, bien plus fouillé graphiquement se révèle bien plus surprenant et réjouissant de lucidité. Comme si l'esprit du créateur ne se libérait réellement que lorsqu'il soumet sa main à une plus grande contrainte.
Mon camarade et collaborateur Stanley me confiait son agacement devant la case reproduite ici. Comment une telle confusion avait-elle pu se faufiler sans corrections jusqu'à la publication ? Au début je n'accordais pas la même attention à cette supposée bourde. Après tout, Inside Mœbius, tel qu'il nous a été présenté jusqu'ici, n'était qu'un journal de bord, écrit dans l'automatisme de l'improvisation. Document supposé brut, il pouvait se passer de retouches...
Or, il faut constater que l'apparence de l'objet, son caractère luxueux, sa mise en couleurs de plus en plus soignée, sont en parfaite contradiction avec le projet. De plus dans cette dernière livraison on pourra d'ailleurs remarquer que certains lettrages ont été entièrement refaits... Sans doute suite aux remarques des lecteurs parfois perdus devant les gribouillis ornant les phylactères des précédents Inside (oui, quand on est amateur de "Mœb" on se doit d'user de délicieux diminutifs).
Ainsi ce qui serait passé sans problème dans une exercice de diarrhée créatrice à la Sfar devient douteux et ambigu une fois inscrit en lettres d'or dans un ouvrage au final peu spontané aux atours parfumés. Dès lors toutes les interprétations deviennent plausibles. Simple erreur ? Lapsus calami ? Humour vaseux ? Gâtisme ? Conséquence du sevrage cannabique ? Indice pour une révélation ultérieure des arcanes giriens ?
La suite, annoncée pour... février 2009, nous éclairera peut-être, mais est-ce vraiment à souhaiter ?
Dans nos archives : Inside Mœbius 3, L'E dans l'O, mars 2007
Rédigé par Vlad à 12:23 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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