"— On est pas des super-héros ! On tue des super-héros."
Je ne connais pas ce Micah Wright qui a écrit le scénario de cette mini-série initialement parue aux États-Unis en 2002-2003, mais je suis certain qu'il doit être un très agréable compagnon de barbecue. Je suis aussi certain que, lui et moi, nous avons peu de chances de nous retrouver dans le même camp en cas de guerre civile...
Après la dislocation du groupe initial de Stormwatch... Bon je m'arrête tout de suite pour avertir les puristes : je n'ai jamais lu un seul Stormwatch auparavant, donc il se peut que ce petit article contienne quelques raccourcis, inexactitudes et approximations. Donc après la dislocation du groupe Stormwatch et la création par certains de ses membres de The Authority (un groupe de super-héros créé par Warren Ellis, animé par le feu de la révolte et refusant le joug des superpuissances et de leur instrument, l'ONU) il se trouve qu'un nouveau groupe Stormwatch est recomposé toujours au service de l'ONU. Quand le volume que nous évoquons aujourd'hui débute, ce nouveau Stormwatch n'est pas encore opérationnel. Il est en train d'être réuni par un commandant musclé nommé Ben Santini, arborant une mâchoire carrée, une chevelure drue peignée vers l'arrière et un sens tactique plus fin qu'on ne pourrait le supputer au premier regard.
Ce gars-là n'aime pas les super-héros, qu'il qualifie de "Super-Connards". Il n'aime pas non plus les Français, car c'est bien connu, le peuple français est lâche. Les super-héros sont des détraqués et s'ils sont arabes ou serbes, ils sont terroristes. Il faut donc leur cogner sur le museau. Aucun super-héros ne résiste à un bon enchaînement de coups de genou / coups de coude bien envoyé par un expert en close combat. Aussi Santini s'entoure d'une belle équipe de moustachus peu versés dans le sentimentalisme et privilégiant l'amitié virile des vestiaires à une vie de famille routinière.
Une fois acceptés (ou encaissés) ses partis pris idéologiques, Stormwatch : Team Achilles est une divertissante chasse aux terroristes qui ne cache pas son penchant pour les films de Steven Seagal. Ceux qui n'aiment pas The Autorithy seront contents de voir ces gauchistes arrogants se faire rosser. Violent et réac, ce Semic book vous fera passer un instructif moment servi dans un dessin post-Lee/Silvestri. Chez Aaapoum nous vendons cette douce détente 8 €, ce qui est toujours plus agréable que les 13,90 € initiaux.
Moi qui ai adoré The Authority, j'ai beaucoup aimé Stormwatch Team Achilles, avec ses métahumains chasseurs de méchants post-humains.
Je n'ai pas eu le sentiment de suivre une équipe réac (sauf si tu bases sur l'antagonisme avec Authority, mais bon ils sont bien binaires eux aussi). Les personnages sont intéressants, surtout le finlandais Jukko Hämäläinen.
D'ailleurs ce n'est pas une mini-série mais elle devait être la série Stormwatch de remplacement. Elle a été stoppé au bout du 23ème numéro, parce que le scénariste avait menti sur ses antécédents militaires. Dommage à un numéro de la fin du cycle...
Rédigé par : Tristan | mardi 29 novembre 2011 à 14:44
Salut Tristan, tu peux développer ton histoire de série interrompue parce que le scénariste avait menti sur ses antécédents militaires ? C'est l'excuse la plus fantasque que j'ai jamais entendu formuler pour justifier l'arrêt d'une série. c'est très intrigant.
J'utilise l'adjectif réac dans un sens assez commun. Par exemple je l'emploie souvent pour désigner pêle-mêle George Bush, Jack Bauer, Charlton Heston, Alain Finkelkraut. Ces gens-là te paraissent-ils réacs ?
Rédigé par : Vlad | mardi 29 novembre 2011 à 16:44
En gros, dans un livre qui dénonçait la guerre en Irak (celle de W), il se serait inventé un passé de ranger. Ça a fait tout un pataquès et au final DC a préféré couper les ponts avec lui.
Plus de détails sur la page wikipédia du bonhomme [en] : http://en.wikipedia.org/wiki/Micah_Ian_Wright#Controversy
Vu les exemples que tu donnes pour définir "réac" (moi je dirais plus facilement "fascistes néo-con" pour les définir), je ne trouve vraiment pas que l'équipe le soit.
Rédigé par : Tristan | jeudi 01 décembre 2011 à 15:56
Hmm... Il a l'air bien spécial ce Micah tout de même.
Bon je pourrais décortiquer chaque page de l'album ici pour expliquer pourquoi de mon point de vue, le scénariste est sur une ligne impérialiste triomphante réac et macho homo-érotique et qu'il s'arrange pour que ses héros se conforment à ses vues, mais ça prendrait des plombes et il vaudrait mieux faire ça autour d'une bière car ce serait plus sympathique et moins fatiguant.
Sinon je tiens à préciser, car ma prose n'est pas toujours très claire, que j'ai trouvé que c'était un bon comic. En plus en plissant bien les yeux j'ai trouvé que Whilce Portacio témoignait d'une certaine parenté graphique avec Yvan Alagbé, ce qui est toujours cool.
Rédigé par : Vlad | jeudi 01 décembre 2011 à 22:16