Convictions et trahisons
Ce qui est bon avec les principes c'est de les trahir de temps en temps pour pouvoir mieux juger de leur justesse.
Ainsi moi j'ai comme principe de ne jamais mettre de pièce en réservation si on ne me verse pas des arrhes. J'ai de collègues qui ne respectent pas ce principe, sans doute pour avoir l'air cool, si bien que tous les six mois je suis obligé de faire le ménage dans notre armoire de réservation remplie de trucs que des braves gens ne sont jamais venus chercher. Vous avez compris : le mec pas cool, c'est moi.
La dernière fois que j'ai fait le ménage parmi les livres oubliés qu'il fallait remettre en rayon, je retrouve deux belles éditions originales de Horologiom soigneusement dédicacées...
Or là, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même, c'est de ma faute... Il y a 6 mois j'avais fini par capituler. Au bout d'une demi-heure de "Je te les prends à coup sûr la semaine prochaine ! Je t'assure ! Tu me connais Vlad ! Quand je dis quelque chose je le fais ! Je ne me permettrais jamais de faire mettre quelque chose de côté pour rien ! La semaine prochaine à coup sûr !". Bref, j'avais failli, je m'étais trahi moi-même, ce qui me permet aujourd'hui de triompher paradoxalement : Ô comme mes principes sont beaux et justes, comme mon analyse des comportements humains est fine et élaborée.
Donc nous avons à nouveau deux belles pièces à vendre. Il s'agit des tomes 3 et 5 dédicacés de Horologiom en édition originale. La dédicace du 3 (65€) consiste en un audacieux contrechamp de la couverture comme les visuels vous permettent de le constater.
Sans versement d'arrhes, j'avoue, pour ma part, adopter une tactique vicieuse... Mettre de coté, puis, une fois la personne sortie du magasin, remettre en rayon.
Tout bénef', pas de discussion interminable sur "semaine prochaine, sûr, je passe, obligé, je le veux trop ce truc, ma vie en dépends" (un peu comme les clients cherchant un titre très précis depuis des années, et qui sont déçus quand tu l'as en rayon, en général, ils ne l'achètent pas d'ailleurs). Pas de déception, pas de petit regard outré en coin marquant le manque de confiance manifeste, pas d'immobilisation de capital, et surtout pas d'encombrement.
Et si, par un hasard miraculeux, la personne s'en souvient, revient, et le demande... Ma foi, application de la seconde loi du libraire, toujours de la faute au collègue absent.
Rédigé par: Stanley | 21 novembre 2008 à 16:32
Moi mon truc c'est vouloir être cool à tout prix, non seulement je vous mets vos livres de côté sans vous embarrassez avec des questions d'argent mais en plus j'en rajoute de mon propre chef !
Sinon ce que j'aime bien, c'est appeler nos clients qui recherchent un ouvrage que l'on vient de rentrer, et qui sont étonnés de mon coup de fil ("Aaapummm baquoi???" ), et en général, le dit ouvrage est acquis depuis plusieurs mois ou années (sisi j'ai eu la preuve lundi matin...)
Rédigé par: Patrick Batman | 22 novembre 2008 à 20:40