No more heroes anymore
Les lecteurs réguliers de ce blog savent bien que j'ai du mal avec la maltraitance des animaux. Pour les nouveaux lecteurs, je place en hyperliens discrets deux archives, l'une concernant Spirou, l'autre Blake et Mortimer.
No more heroes anymore
Les lecteurs réguliers de ce blog savent bien que j'ai du mal avec la maltraitance des animaux. Pour les nouveaux lecteurs, je place en hyperliens discrets deux archives, l'une concernant Spirou, l'autre Blake et Mortimer.
Rédigé par Vlad à 00:21 dans Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Y'en aura pas pour tout le monde.
Nous avons reçu, hier, l'édition luxe de la Genèse, reliée plein cuir et marquée à l'argent, limitée à 200 exemplaires, numérotés et signés, accompagnés d'une estampe en taille-douce reprenant l'image expurgée de l'édition courante (Le serpent tentateur pinçant le téton d'Eve), avec un prix de vente de 250 euros.
D'après BDSpirit, qui diffuse le livre, l'équivalent américain se serait retrouvé épuisé en moins de deux jours et s'arracherait sur Internet pour la coquète somme de 2000 dollars. Amateurs, soyez avertis.
Ci-dessous, la critique publiée dans Les Inrockuptibles par Stéphane et quelques photographies.
Il
faut, avant toute chose, surmonter la vision d'un Robert Crumb respectueux
devant Dieu. Vingt ans auparavant, cette tête de proue de la
contre-culture américaine n'aurait pas su entrer dans ce texte autrement que
par la porte de l'impolitesse, animé de gaudriole et de transgression (il avait
par ailleurs pris l’habitude de parodier des dévots habités par la bêtise et
une religion plus simpliste que les mécréants qui s'en sont détournés). Rien,
vraiment, ne laissait supposer une adaptation de la Genèse qui soit bienveillante. Alors il faut se faire une raison :
peut-être est ce là l’éternel succès d'une éducation américaine pour laquelle
la bible échappe à toute critique ? D'autant plus que le poids de l'âge se fait
peut-être sentir sur l'écriture.
Cette
adaptation de la Genèse, en effet, au delà de tout intérêt pour le texte,
témoigne surtout de cela, d'un état avancé de la vie où la colère et la révolte
font place à une expression apaisée. Pour le reste, Crumb applique
toujours au récit ce traitement qu'il appliquait jusqu'alors à son dessin,
c'est à dire la recherche d'un sentiment qui, derrière le masque, s'exprime par
la nuance. Un émoi, fragile et précis à la fois, qui pourrait se résumer à ce
conseil donné à son fils dans le documentaire qui lui était consacré : « trouve ce qui t'émeut dans cette personne,
et surligne le légèrement ».
Le
geste décélère et gagne en minutie, le trait s’écourte et se multiplie en une
matière minérale, l’imaginaire s’adosse à la longue tradition iconographique
sur le sujet divin… mais ces changements esthétiques ne peuvent empêcher l’humanité
mythologique de cette Genèse de ressembler à celle, grossière et naine, que Crumb s’est
amusé à dépeindre au long de sa vie. Les prophètes grimacent, les corps s’enlacent avec passion, la vieillesse se fait mesquine et la nudité frontale, sensuelle, sans jamais susciter le désir. La Genèse trouve une
chair, incarnée, bouillonnante, respectueuse des dogmes mais nettoyée de toute
naïveté, plus encore de la béatitude.
Car une
fois encore, Crumb confirme cette capacité magique à produire des portraits
dont le caractère exagéré accentue, non pas une dimension caricaturale,
mais au contraire le réalisme. Son dessin, qu'il soit au service d’êtres
charismatiques comme aujourd'hui, ou orduriers comme hier, amplifie cette
qualité jusqu'à une forme de satire qui va curieusement convoquer, dans un
mouvement contraire, la beauté de leur condition humaine. Magnifique paradoxe,
mais c’est à cette dualité esthétique, ce don qui permettait à Crumb hier
de représenter ses pires fantasmes sexistes et racistes sans susciter ni colère
ni dégout, que la Genèse doit aujourd’hui, dans une application inverse, ce
supplément de corps et d’humanité.
La Genèse, édition luxe, scribes anonymes et Robert Crumb (Denoël
graphic), 220 pages, 200 ex. N°/signé + estampe, 250 €
Rédigé par aaapoum à 13:28 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Par Stéphane.
Ok, ok, je recycle pas mal ces derniers temps sur le blog. Mais je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire en ce moment. Mes camarades non plus, d'ailleurs, accaparés par le raz-de-marée des clients venus spécialement pour la Noël et les multiples palettes de livres que nous venons de recevoir (pour la même occasion évidemment). Bref, voici une critique de Marcel Labrume, parue dans le Chronic'art du mois de novembre. Au sujet de Chronic'art, je vais en profiter pour faire un peu de retape et vous dire que ce mois-ci c'est numéro double avec 8 pages d'interview et de photographies sur le président d'Angoulême, le jeune et déjà célébré Blutch, que l'on aime beaucoup à AAAPOUM. Quant à Marcel Labrume, il est à vendre dans nos modestes échoppes pour un prix public de 20 euros. Soit deux fois moins que l'édition originale, moins belle, que nous vendons également.
Attilio Micheluzzi fait partie des grands oubliés, des maîtres qui n’ont jamais eu la reconnaissance qu’ils méritent. Contemporain de Pratt, cet ancien architecte reconverti sur le tard en auteur de bande dessinée a pourtant lui aussi marqué son époque par la qualité de ses récits d’aventure et la finesse de son trait. Dommage que l'œuvre n’ait pas survécu à la mort de son auteur. Jusqu'à une époque récente, les amateurs devaient écumer les AAAPOUM BAPOUM pour trouver à prix d’or des ouvrages d'époque, le plus souvent mal fabriqués. Or, depuis quelques années, les éditions Mosquito ont entamé une politique de réédition soignée, avec photogravure fine et traductions refaites. Après Rosso Stenton et Afghanistan, cet hiver dernier, c’était au magnifique Petra Chérie, pavé de 300 pages contant le crépuscule d’une aristocrate perdue dans la tourmente de la première guerre mondiale, d’être à l’honneur avec presque 70% d’inédit. Et aujourd’hui, c’est au tour de Marcel Labrume. Il était temps, ce chef d’œuvre primé à Angoulême comme meilleur livre de 1984 était paradoxalement indisponible depuis une quinzaine d’années. Il se dit souvent que la bande dessinée n’a que faire de sa propre histoire… comment ne pas le croire après de tels manquements.
Bref, Marcel Labrume, c’est le héros typique chez Micheluzzi, une caisse de résonnance de son époque plus qu’une figure à suivre ou à adorer. Journaliste français exilé au Moyen Orient pour fuir la défaite de son pays et les magouilles qui lui collent aux fesses, Marcel vend ses services au plus offrant, sans distinction, qu'il soit nazi, musulman, juif…. L’atmosphère qui baigne le récit évoque inévitablement le film Casablanca, auquel le livre doit beaucoup, que ce soit pour le thème d’un Orient comme carrefour où se croisent les lâches et les vermines européennes exilées loin de la guerre, comme pour son esthétique, tout en ombres et en lumières jouant dans le décor sur les motifs de la prison.
L’une des grandes qualités de Micheluzzi, en effet, outre son sens du récit et ses héros complexes qui se rangent du bon côté de la barrière par un coup du sort plus que par sens moral, c’est son immense talent graphique. Comme beaucoup d’italiens de cette époque, et Hugo Pratt le premier, Micheluzzi goûte le sublime trait noir et blanc des grands maîtres de la bande dessinée américaine d’après guerre. Or, seul Pratt et lui vont s’inscrire dans cette esthétique élaborée pour la simplifier, l’épurer des détails inutiles au récit. Chez eux, les formes vont devenir synthétiques, les outils graphiques rudimentaires : une ligne, quelques hachures, et des masses de noir vont faire l’affaire, l’un préférant le pinceau épais (Pratt), l’autre le pinceau fin ou la plume. Marcel Labrume, en plus d'offrir deux épisodes mélancoliques et exotiques, marque l’un des sommets de cette esthétique, où cadrages, onomatopées et ombrages, se placent au service de l’efficacité narrative. L’aventure, encore et toujours, avant tout.
Rédigé par aaapoum à 12:44 | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Par Stéphane,
Hier, en sortant de la conférence de presse du festival d'Angoulême, j'ai croisé les éditions Hoochie Coochie. Et en discutant, j'ai découvert que Les déserteurs ne s'était vendu qu'à 350 exemplaires, en plus de ne pas être sélectionné à Angoulême. Or, ce livre mérite franchement plus de succès. C'est l'un des deux livres les plus inventifs que j'ai lu cette année avec les Noceurs de Brecht Evans. Et quant je dis inventif, je ne parle pas d'épate narrative. Non, je dis inventif car sa forme particulière supporte totalement le comique et le message du récit. Alors je publie à nouveau ici la critique que j'avais écrite pour les Inrockuptibles du 30 juin. Nous avons encore trois exemplaires en magasin, à serpente.
Christopher Hittinger a du sang américain dans les veines et ça se voit.
Ses deux premiers livres s’attachent à confronter l’homme aux « grands espaces », et
les formes qu’il choisit servent tout particulièrement à mettre en relief cette
opposition. Sauf que, modernité oblige, ses récits épousent bien plus
naturellement la peinture ironique des frères Cohen que l’héroïsme classique de
John Ford. Les vastes étendues de Hittinger ne produisent pas des héros mais
des crétins, ou tout du moins des êtres suffisamment persuadés de maitriser
leur destin pour que l’on s’amuse du spectacle de les voir s’égarer.
Les déserteurs, donc, sont
trois pieds nickelés décidés à échapper à leur devoir militaire,
sillonnant le monde sans jamais s’y accrocher, à la recherche d’un asile ou
d’un havre de paix. Bien sûr, ce paradis n’existe pas et nos compagnons
finiront exactement là où tout a commencé (Mais ceci est une autre histoire).
En attendant, chaque page est un espace (prison, plaine, arène ou champ de
bataille) surchargé de détails qui témoignent d’une société tourmentée. L’Empire
Romain, en toile de fond, est au bord du gouffre : ingouvernable de par
son territoire sans cesse repoussé, ses frontières interminables de plus en
plus complexes à sécuriser, il y prospère désormais des dissensions politiques
et religieuses. Tout écho à notre monde moderne n’est pas fortuit, à n’en pas
douter.
Après Jamestown, son précédent ouvrage, Hittinger continue donc de
se jouer de l’histoire et des formes pour développer à sa manière une peinture
de l’homme voué à "L’Eternel retour". Ce qui ne serait pas en
soi très original si l’auteur ne s’appuyait pas sur une esthétique très inventive.
Chaque page s’affirme comme un tableau, interactif, submergé de minuscules
détails comiques, tel un Jérôme Bosch minimaliste et narratif chez lequel il
faut, c’est le jeu, retracer le parcours des héros tout en essayant de suivre
ce qui se passe dans le décor.
Or, cachée sous l’obsession américaine de l’homme et de l’espace, il en transparait parfois une autre, plus européenne mais discrète, de l’individu et du groupe, «de l’ordre et du désordre », pour reprendre Paul Valéry. On se souvient alors que Christopher Hittinger est aussi en partie Français. Entre ces deux élans, il ne reste alors qu’à jongler, sauter de plan en plan pour raccrocher les signes, et ironiser sur cette vision de l’humanité conciliant avec beaucoup d’humour et de justesse les présupposés culturels.
23 €.
Rédigé par aaapoum à 10:02 dans Indés | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras
Un jour les Jelly Beans ont débarqué dans la boutique rue Serpente, nous ont offert leur CD, une affiche dédicacée et ont absolument tenu à se faire photographier avec Stéphane. C'était un peu étrange. Les Jelly Beans, ce sont deux japonaises qui semblent habiter à Paris et qui font de la musique pop japonaise, de la J-pop donc. Le disque au début est assez agaçant. Mais bon à partir de la quinzième écoute on s'y fait (Alexandre le met souvent). Le plus drôle dans l'affaire c'est qu'en fait ces demoiselles croyaient être chez Kawaïko, nos charmants voisins un peu enterrés dans la partie sombre et étroite de la rue Serpente et qui vendent notamment du matériel pour goth-lolitas. Ayant bien profité de notre affiche indûment acquise, nous l'offrons désormais à qui la voudra... Alexandre est assez fan et l'aurait bien emportée, mais de son propre aveu "si jamais je rapporte ça à la maison c'est le divorce, ma copine déteste... le Japon !". Une synecdoque généralisante désignant les chanteuses en jupe à carreaux ?
Pour obtenir cette affiche il suffit de la demander. Il y a des petits bouts de scotch aux angles qu'il faudra retirer avec soin, mais sinon elle est bien.
Rédigé par Vlad à 11:39 dans La vie de la boutique, Manga | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
L'autre ninja
Rédigé par Vlad à 20:59 dans Derniers arrivages..., Manga | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Vu dans notre vitrine de la rue Dante :
Elle est jouissive et novatrice. Son ton est joyeux et inquiétant.
Warren Ellis et son successeur Mark Millar sont parvenus à ré-insuffler des enjeux dans une saga super héroïque qui est à la fois extrêmement délirante et réaliste dans sa vision désenchantée de nos sociétés.
Un groupe de super héros dans un super vaisseau spatial aux pouvoirs défiants l'imagination décident de prendre leur destin en main et d'arrêter de servir la soupe à l'ONU et à la super-puissance étasunienne (que de "super" dans cette note !). Désormais ils agiront dans l'intérêt de l'humanité et non pas de ceux qui dirigent actuellement la société... Forcément cette conception qui tient à la fois d'Auguste Blanqui et du Bolchévisme en collants ne va pas plaire à tous le monde... Que se soient aux envahisseurs venus d'autres mondes, aux dictateurs locaux ou à la CIA...
Les aventures de ces sympathiques mais dangereux zozos se révèlent vite captivantes. Notamment parce qu'après nous les avoir fait aimer, les scénaristes nous font vite comprendre qu'ils sont vraiment en danger et qu'ils ne vont pas forcément s'en sortir.
Le pack visible ci-dessus dans la photo réunis les onze fascicules très durs à trouver qui commencent la série (épisodes #1-16 de la numérotation américaine). En effet, la suite est parue directement en semic books... Seules les éditions Soleil avaient réédité en grand format le début de la série (#1-8), mais sans poursuivre l'aventure plus loin. Ainsi les fascicules si alléchants de la photo sont l'unique moyen de lire en français les épisodes américains 9 à 16...
Par ailleurs ces fascicules contiennent la mini-série Jenny Sparks, le personnage central du premier cycle de The Authority.
Pour ma part, après le départ de Mark Millar de la série à la fin du cycle "Brave New World", j'ai décroché, il m'a semblé que les nouveaux scénaristes n'apportaient rien de nouveau et n'avaient pas grand chose à dire.
Rédigé par Vlad à 13:49 dans Derniers arrivages..., Comic | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Arrivé rue Dante ce matin : Elle s'appelle Ambre. C'est une jeune et belle gauloise rousse. Une esclave rebelle qui a décidé d'unir les tribus gauloises face à l'invasion romaine orchestrée par César (Jules). Ceux qui connaissent un peu l'Histoire de France savent que cette résistance n'aura guère d'effets, mais ce pitch permet à Rocca et Mitton de dérouler une belle fresque épique en 15 tomes... avec un peu de fesses dedans mais pas trop (c'est quand même des Gaulois et des Romains et c'est surtout une BD Soleil).
Ce sont donc les éditions originales des deux premiers tomes qui ont frappé à la grille ce matin. 30€ et 20€. Elles étaient accompagnés par l'élégant tirage de luxe des 5 premiers tomes : noir et blanc, 800 exemplaires, accompagnés d'un ex-libris numéroté et signé par les deux auteurs. De quoi bien profiter du dessin de Jean-Yves Mitton, alors en grande forme (45€).
Rédigé par Vlad à 12:41 dans Derniers arrivages... | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Un chat et son shérif
De plus Sur la neige est actuellement le seul album connu du dessinateur Aubin Frechon, l'homme qui est actuellement en train de turbiner sur la suite du nouveau Blake et Mortimer qui sort demain...
Plus d'infos sur le travail d'Aubin Frechon sur Blake et Mortimer sur le blog de Laurent, l'homme qui surveille le Centaur Club jour et nuit.
Rédigé par Vlad à 16:37 dans Derniers arrivages..., Franco-Belge | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Vu rue Dante, cette série jadis éditée par Tonkam :
Rédigé par Vlad à 16:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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